AU COEUR DE MON ENFANCE

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blcarte_cassini.jpg charles_iv_le_bel.jpg  Charles IV le bel

 

UN VILLAGE, C'EST UNE HISTOIRE QUI SE RACONTE

La Commanderie de Coulommiers

C'est avec un grand respect que j'ai  retransmis  les articles de Jean Frédéric Berger. Respect pour l'homme, respect pour la sauvegarde d'un patrimoine qui nous concerne tous, puisque c'est notre histoire passée  qui nous a construit aujourd'hui. 

L'homme ne peut avoir d'avenir que si son histoire collective est intégrée dans sa vie à son histoire individuelle.

Marie de Mazan

 

C'était hier 3 : La démarche philosophique de l'action

 

 

Face aux propos minimalistes et réducteurs de ceux qui prétendent vouloir défendre l'association ATAGRIF et ses actions sans vraiment la connaitre. Face aux propos également minimalistes et réducteurs de ceux qui se donnent bonne conscience en voulant récupérer, sans frais et sans honneur, des années de travail, de passion et d'implication. Face à ceux qui souhaiteraient de part leur étiquette que soit balayé une action riche de sens et au service de la collectivité.
Pour toutes ces raisons, je publie, dans ce nouveau billet, le texte d'une intervention réalisée, il y a deux ans lors d'un colloque international sur la réutilisation du patrimoine templiers en europe, qui sait déroulé à Pérouse en Italie les 6, 7 et 8 mai 2005 en présence de spécialistes européens du patrimoine templiers.

Les raisons d’êtres d’un patrimoine aujourd’hui :

l’exemple du Centre de Culture et d’Histoire

de la Commanderie des Templiers de Coulommiers

 

Par Jean-Frédéric BERGER,

Directeur de l’association ATAGRIF – Centre de Culture et d’Histoire
Ancien Président et fondateur du Centre de Culture et d'Histoire

 

L’association ATAGRIF développe depuis bientôt 15 ans des actions de restauration et de développement culturel sur le site Templier de la Commanderie de Coulommiers.

Comptant parmi les trois derniers ensembles complets pour le nord de la France, la commanderie conserve sa chapelle, son logis, son bâtiment du chapitre, ses écuries et sa grange, soit un ensemble architectural quasi complet implanté sur une parcelle historique de 17 000 m², aujourd’hui situé au cœur d’une zone d’urbanisation moderne, immeubles, complexe scolaire et hôpital…

Construite vers 1173, la Commanderie traverse les siècles en étant d’abord liée aux Templiers, puis aux Hospitaliers jusqu’à la révolution française, puis une ferme jusqu’en 1963. Connue sous le nom de « Ferme de l’Hôpital », le développement de la ville la menace de destruction en 1966, heureusement des hommes se lèvent et lancent une action de sauvetage et de restauration.

Aujourd’hui, la Commanderie est gérée et restaurée par l’association ATAGRIF qui a créé en 1993 le « Centre de Culture et d’Histoire » structure dotée d’une Charte philosophique et d’une organisation qui tend à faire de la Commanderie un « Patrimoine Vivant ».

 

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Samedi 9 décembre 2006 6 09 /12 /Déc /2006 09:47
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Nous poursuivons le passionnant développement de la Commanderie de Coulommiers  par Jean Fréderic Berger

Le Centre de Culture et d’Histoire

Le concept de Centre de Culture et d’Histoire s’établit fondamentalement sur un fonctionnement pédagogique au service de l’individu et de la collectivité. Ses objectifs prioritaires sont de permettre à chacun de connaître ou de découvrir ses (nos) racines afin de comprendre et de donner un sens à son (notre) passé pour mieux percevoir notre modernité et y trouver une place.

Chaque personne se trouve placée au centre des actions proposées et devient le sujet-acteur de sa propre évolution, que ce soit dans une simple visite ou un séjour prolongé.

Le personnel de l’association est en permanence à l’écoute des attentes et personnalise son discours afin de toucher directement l’individu, même au sein d’un collectif.

Le Centre de Culture et d’Histoire s’appuie pour cela sur une démarche philosophique partant de l’esprit, passant par le corps pour s’achever avec l’Homme.

Cette démarche mise en adéquation avec une pédagogie active et concrète permet de couvrir toutes les tranches d’âge. Aujourd’hui, notre public s’échelonne de 3 ans à 77 ans et plus, en passant par les personnes avec handicap.

Chaque individu peut trouver dans les actions du centre des outils de construction personnelle en lien avec ses attentes.

Afin de faciliter le fonctionnement et la déclinaison des actions, l’organisation du centre est structurée en secteurs attachés au développement spécifique d’actions en liens avec un public scolaire, individuel, de groupes constitués… Les différents dépliants de communication reprennent ce découpage qui permet au public d’identifier les actions suivant ses intérêts.

Un Patrimoine Vivant

L’ensemble de nos activités est centré sur le site et son histoire ainsi que sur son environnement social et culturel. Une priorité est donnée au Moyen Age et à la période templière, un choix légitimé par l’importance des témoins de cette époque sur le site.

Les projets de réutilisation du patrimoine sont souvent établis avec des problématiques ne favorisant pas la définition claire des objectifs de réutilisation. Il est facile de se donner bonne conscience sans que soit pour autant réfléchi les finalités de la pérennisation et de la transmission d’un patrimoine. Les opérations spectaculaires, mais sans capacité de durée, sont fréquentes et les erreurs de projets aussi, qui aboutissent à des lieux vides et morts.

Au-delà des objectifs de fréquentation, de visiteurs et de valorisation du lieu, il existe pour nous les notions de «Patrimoine Vivant », de « Patrimoine utile », d’un « Temps présent » qui permettent d’assurer au monument sa raison d’être futur. Il nous semble important de savoir adapter l’utilisation future aux besoins de notre temps et du contexte local.

Nous avons cherché à faire de la Commanderie un « Patrimoine vivant » en lien avec le « temps présent ». Vivant pourquoi et comment ?

La période templière a influencé notre réflexion.

Quelles étaient les fonctions et les rôles d’une commanderie dans l’organisation interne de l’Ordre ?

Comment mettre en valeur à partir de ce patrimoine la période historique qui le concerne : le Moyen Age ?

Comment, dans un environnement urbain moderne, donner un sens et raccorder une histoire ancienne et une histoire contemporaine riches de points communs ?

Beaucoup de questions ont été présentes dans notre recherche. Les réponses que nous avons tenté d’apporter sont une vision possible de la réutilisation d’un patrimoine templier ou d’un Patrimoine tout court.

Les vocations des commanderies sont multiples, lieu de vie et de prière, lieu de production agricole et de développement financier pour la collectivité et la cause commune, lieu d’éducation et d’apprentissage de la vie religieuse et de la vie militaire de l’Ordre, halte et sécurité sur l’ensemble des routes, banque, élevage etc etc

Des vocations multiples parfois liées à des situations géographiques précises, à des besoins collectifs précis, à une mixité humaine, culturelle, ethnique...

Ainsi conserver à la commanderie une adéquation entre ses fonctions originelles et son utilité moderne, nous a semblé une solution.

Nos activités visent à faire de la Commanderie de Coulommiers un lieu de vie, d’apprentissage, de loisirs, de production, de repos, parfois tout cela en même temps, faisant alors cohabiter sur le site des enfants, des scolaires, des adultes, des stagiaires, des groupes de visiteurs, parfois jusqu’à 150 personnes d’origines et d’objectifs personnels différents.

La vision contemporaine que nous avons du Moyen Age demande une reconsidération.

Si les milieux universitaires et spécialisés peuvent débattre de cette période avec intérêt, le grand public n’en a souvent qu’une vision partielle et faussée. En s’appuyant sur l’architecture et ses fonctions structurelles, il est possible de faire passer une quantité d’informations et de modifier par un relationnel humain la vision historique.

Redonner du sens au patrimoine en raccordant l’homme, l’architecture et ses fonctions et la nature. Favoriser l’appropriation individuelle du lieu, y travailler volontairement et y laisser sa pierre, prendre le temps pour soi-même d’apprendre, de se transformer, de se construire sont autant de possibilités que nous offrons à notre public et au site pour exister, pour être.

Sur le plan historique, notre démarche est plus de conter une histoire, la vraie, plutôt que de présenter un discours scientifique, ainsi nos visites sont autant de voyages initiatiques contés à notre public.

De la première croisade à notre modernité le temps défile et l’homme y retrouve sa place et comprend certains conflits modernes.

L’histoire de l’Ordre nous offre un exemple d’organisation et favorise une perception de l’envergure des temps médiévaux.

Nos bâtiments interpellent sur leur organisation, leurs proportions et leurs matériaux et amène le visiteur à s’interroger sur sa place et ses relations avec l’espace.

Notre jardin médiéval est la base d’une présentation ethnobotanique et symbolique de la nature au Moyen Age et de la place de l’homme en son sein.

Nos stages transmettent les gestes ancestraux des métiers du bâtiment.

Nos activités de loisirs raccordent de façon ludique les techniques anciennes et modernes.

Nos expositions permanentes ou en location permettent au public sur place et en d’autres lieux de porter un regard différent sur le Moyen Age.

La vie collective dans nos séjours et les instants conviviaux vécus sur le site participent à la consolidation du lien social et à l’apprentissage de la citoyenneté.

Ainsi, nos actions et l’identité nouvelle du site tentent de réunir sous le vocable « Le Temps Présent » :

la culture et l’histoire d’hier (le temps) avec aujourd’hui (le Présent),

le temps dont dispose chacun pour sa propre construction ou ses loisirs à l’instant de son passage dans nos murs (le temps présent)

le futur du site par l’avancée progressive des travaux favorisant l’implication de chacun dans cette grande œuvre de restauration (encore le temps présent).

Cette conception du « Temps présent » associée aux fondements philosophiques du Centre de Culture et d’Histoire place notre structure dans une logique de réflexion, de création et d’expérimentation permanente.

Pour conclure, la Commanderie des Templiers de Coulommiers, bien que toujours en travaux, est aujourd’hui un lieu où l’association et son équipe permanente œuvre dans un esprit collectif au service de l’individu et de notre société.

L’histoire et le patrimoine doivent pour jouer leur rôle dynamique être au service de l’action et de demain et non constituer des freins ni des éléments fossiles de notre paysage. C’est cette place active qui redonne du sens à un patrimoine et lui permet de continuer sa vie comme repère et acteur de notre société. C’est par la raison d’être qui présida à sa construction que le patrimoine doit retrouver une place dans notre monde grâce à la vie que l’on recrée en son cœur.

 

Merci de votre attention.

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Vendredi 8 décembre 2006 5 08 /12 /Déc /2006 11:26
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Suite de la réponse de Jean Fréderic Berger

30 novembre 2006

C'était hier : 2 : Donner du sens à l'action.

 

Mon ambition n'est pas de vous écrire, ici, le récit complet de mon implication de 17 ans à la Commanderie, cela prendrait des pages, et pourtant ce billet va être long.
J'entends, ici, restituer à l'attention des adhérents de l'association, quelques faits et quelques dates de cette aventure qui ont conduit à ce que nous sommes aujourd'hui, une association connue et reconnue, même si cela arrange certains de le nier et de n'en faire qu'à leur tête pour tout détruire . Si vous trouvez cela un peu long, j'en suis désolé, mais dans toute aventure humaine ayant un projet ambitieux au service de la collectivité l'histoire est parfois riche de sens.

En 1989, lorsque nous sommes arrivés à la Commanderie des Templiers de Coulommiers, Sophie Leblanc et moi même, nous avions à l'époque le projet de créer une association destinée à  nous permettre de mettre en oeuvre nos compétences artistiques, tout en réalisant des chantiers de jeunes bénévoles pour la restauration des lieux en nous appuyant sur notre expérience dans le domaine (Colombier de Créteil et Abbaye de St-maur des Fossés pour ma part, Chateau de Beynes pour tous les deux. Ces trois chantiers sont membres de l'Union REMPART).

Au regard de la situation de la Commanderie et de l'existence de l'association des Amis du Musée du Papier, il n'a pas semblé judicieux de créer une nouvelle structure, mais plutôt de réactiver une association existante "Les Ateliers de Techniques Anciennes du Groupement REMPART Île de France" (ATAGRIF) association créée en 1985, et en sommeil depuis la fin du programme TUC par le gouvernement en 1987.
Ainsi fut fait, en septembre 1989, les ATAGRIF tenaient à la Commanderie une Assemblée Générale durant laquelle fut validé le projet d'implantation à la Commanderie et à l'issue de cette Assemblée, le nouveau Conseil d'administration me confiait la présidence de l'association avec pour charge la réalisation d'un projet d'action et sa conduite. Parallèlement une entente, sous la forme d'une première convention avec les Amis du Musée du Papier, officialisait notre présence sur les lieux. Le travail pouvait commencer.

Aussitôt, nous nous sommes mis au travail avec des amis bénévoles venant du chantier de Beynes. Le travail ne manquait pas sur le terrain et parallèlement des rendez-vous réguliers avec la mairie permettaient de construire progressivement un projet d'animation pour redonner vie à ce lieu. Cette situation d'entente ne durera malheureusement pas.
Avec le recul de ces 17 ans, c'est fou comment nous avons plongé dans ce projet, deux jeunes fous bénévole de surcroît, concevant pour la première année d'activité, 1990, une saison complète, du 1er avril au 15 décembre, comprenant des stages, des chantiers, des expositions et un concert, avec une ouverture 7 jours sur 7 de la Commanderie aux touristes en entrée gratuite pour la première année. Le constat fut encourageant, 1750 visiteurs, la restauration de la toiture des anciennes porcheries, les premières subventions, les premiers adhérents, de nouveaux administrateurs s'attelant au projet. La certitude que l'action était viable et tout celà avec la fougue, l'insouciance de la jeunesse et la croyance dans la force de l'entreprise. Je peux vous dire que du côté parental c'était plutôt l'inquiétude, mais nous devons les remercier d'avoir été à nos côtés dès le début et de ne pas nous avoir lâché.

En décembre 1990, avec l'arrivée de FLorian Renucci, objecteur de conscience, au sein de notre équipe de deux bénévoles permanents, nous passons à trois permanents, puis à quatre avec une hôtesse d'accueil en CES. Durant ce mois de décembre, nous rédigeons un document important qui nous était demandé par bon nombre de nos partenaires et les institution, "Le projet final de réutilisation de la Commanderie des Templiers de Coulommiers".
Ce document d'importance donnait une vision claire de notre projet de restauration et de réutilisation des différents bâtiments. Il mettait définitivement l'accent sur le caractère pédagogique, éducatif, mais également culturel des activités que nous entendions conduire à la Commanderie. Le projet de création du jardin médiéval y figurait déjà.
Ce document envoyé à nos partenaires et aux institutions, nous permettra en 1991 d'obtenir des subventions sur projet du Conseil Général de Seine et Marne, mais également du ministère de la culture dans le cadre des actions pédagogiques. Durant les années qui suivent nous participerons aux actions "7 jours 7 arts" du Conseil Général. Notre dynamisme est rayonnant, nos manifestations attirent et donnent des idées à d'autres, une volonté d'agir se met progressivement en place dans les environs.

C'est durant cette année 91, que seront en effet lancés les premières actions envers les scolaires, la machine s'accélère, le travail et les projets ne manquent pas, expositions, stages, Salon du livre patrimoine et histoire, concerts, désormais de musique anciennes en partenariat avec le Centre de Musique Médiévale de Paris, chantiers de bénévoles sur plusieurs sessions et durant les petites vacances, ainsi que pendant l'été de cette année, l'accueil dans le cadre des premières OPE (Opérations Prévention Eté) en lien avec la DRAC Ile de France, d'enfants défavorisés du plateau St-Jean de la ville de Beauvais. Le projet s'affine et les partenariats se mettent en place, festival de musique ancienne, création d'expositions, accueils pédagogiques, centre de loisirs, salon du livre, marché des produits traditionnaux briards...  De nombreuses activités, projets, actions voient le jours, l'équipe grossie.
Dans le montage et la conduite de tout projet, il y a une part de travail et de don de soi même très importante, le travail et l'énergie, la synergie même, influencent les parts de réussite, mais il y a aussi une part de chance, il faut croire que la Commanderie attendait cette heure pour refaire surface après son sauvetage des années 60-70.

Sonne alors l'heure des premières récompenses, en 1992, dans le cadre de l'accueil de l'exposition "Plantes et Jardins du Moyen Âge " de l'Abbaye de Fontevrault avec le soutien de la fondation Yves Rocher, aura lieu la rencontre avec Joël Chatain, paysagiste diplômé de l'Ecole de Versailles, serra alors lancé le projet de jardin médiéval qui verra son début de réalisation en avril 1993, et donnera à l'association sa première distinction "Les lauriers de l'environnement" concours national organisé par le magazine "Le point" et mécéné par Dupont de Nemours. Cette année 1993 verra dans l'enchaînement, un prix départemental dans le cadre des prix de l'environnement, puis un prix régional du concours national de la Caisse des Monuments Historiques, enfin en 1994 sera la récompense ultime pour tous les bénévoles, permanents et adhérents de l'association avec le premier prix national de la Caisse des Monuments Historiques remis, en mains propres par M. Jacques Toubon alors ministre de la culture. Ces distinctions marquent la volonté de reconnaissance des partenaires face au travail accompli.

L'aventure ne s'arrête pas là puisque nous sommes en 2006. Mais pour ne pas alourdir ce deuxième billet, j'ai volontairement laissé des évènements sous silence provisoir. Si la reconnaissance de l'association et de ses actions est attestée auprès du département, de la région et des services de l'état et d'autres partenaires institutionnels, ce n'est malheureusement pas le cas au niveau local, et ceci depuis 1992. Mais c'est une autre histoire que je conterais peut être lors d'un autre billet. il faut simplement savoir qu'elle a duré longtemps et qu'elle dure encore tout en  voyant, dans un sens, un aboutissement extrême aujourd'hui.

Cependant, ma volonté en tant que président a été dès le début d'inscrire le projet ATAGRIF, comme un outil au service des hommes. Les différents conseils et administrateurs qui ont participé à tous ces temps de réflexion s'en souviendrons (On est d'accord Patrick, Gilbert, Jean, Véronique et les autres?) et m'on accompagné dans ce sens. Pour affirmé l'identité d'une structure, la démarquer des autres et lui permettre de donner un sens à ses actions, il nous est apparu nécessaire de matérialiser dans un document la déontologie, la philosophie dans laquelle se déroulaient les actions de la Commanderie. C'est ainsi qu'est né le projet de "Centre de Culture et d'Histoire" dont la création fut officiellement approuvée lors de l'Assemblée Générale de janvier 1994, ce jour verra également l'adoption de la charte philosophique du "Centre de Culture et d'Histoire de la Commanderie". C'est l'aboutissement pour le Conseil d'Administration de l'époque de plusieurs mois de travail, de longues soirées de réflexion et pour ma part de quelques nuits de rédaction.

Texte de la charte des "Centres de Culture et d'Histoire". charte_CCH  rédaction Jean-Frédéric Berger, approuvée par l'assemblée générale ATAGRIF de janvier 1994.

 

L'affirmation de notre déontologie et de notre philosophie, nous permettra d'obtenir alors des aides de la Caisse Nationale des Monuments Historiques, de la Fondation France Telecom, de la Caisse d'Epargne Ile de France Paris, et d'autres partenaires, aides qui ne dureront malheureusement pas. Les tourments et les tracas revenant à la charges à partir de 1996, puis s'appaisant de nouveaux pour encore revenir.

Mais toute l'équipe s'est remise au travail, motivée, retroussant les manches et poursuivant sa tâche avec la certitude que le projet que nous portions donnait du sens à notre action. Je me dois ici de lui, de leur rendre hommage, car durant ces années de joies mais aussi parfois bien dures, que furent les années de 92 à 97, l'équipe est restée soudée et impliquée, ce qui permis la résolution de bien des problèmes et d'affronter bien des dangers.

Pour conclure, cette charte des Centres de Culture et d'Histoire, si elle n'a jamais fait de petits, n'en a pas moins été le guide fondamentale de toutes nos actions depuis des années. C'est par elle que nous pouvons affirmer avoir tenu et rempli notre mission, notre engagement auprès de la collectivité et de notre public. Car aujourd'hui, voilà ce qui est en danger, un patrimoine vivant conduit par des hommes pour les hommes, une certaine conception de la liberté et du droit d'entreprendre, une croyance dans la chance que chacun devrait avoir de trouver les moyens de changer sa vie et de la réussir. C'est si facile de détruire...faudra-t-il aller jusqu'à devoir dire pourquoi et comment cette oeuvre est en train d'être détruite? Je souhaiterais plutôt continuer de construire.

 

Si vous êtes arrivé jusqu'ici, merci de m'avoir lu, je vous donne rendez-vous pour un prochain billet qui j'espère retiendra votre attention.

Jean-Frédéric Berger
Président des ATAGRIF de 1989 à 1998.
Fondateur du Centre de Culture et d'Histoire.

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Jeudi 7 décembre 2006 4 07 /12 /Déc /2006 07:34
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La Reponse de Jean Frederic Berger

sur le dossier Commanderie de Coulommiers

 

C'était hier !

 

Il est toujours dommage de se rendre compte que la mémoire ne fait pas partie des qualités que devraient avoir l'espèce humaine... heureusement les technologies modernes développées durant le XXe siècle constituent l'une des plus extraordinaires révolutions dans le domaine des outils d'information  et de communication, après l'invention de l'écriture et l'imprimerie. Elles ouvrent des possibilité d'accès à la mémoire individuelle et collective d'une richesse qui ne s'était pas vu depuis des temps lointain... et ceci pour tous, du plus pauvre au plus riche à condition de le vouloir.
Alors, utilisons les pour rafraichir la mémoire à nos concitoyens.

Cependant, dans cet effort, cette recherche de la mémoire, il est important de ne pas transformer les données et les faits, de ne pas les adapter à son seul intérêt, à sa défense, mais de les laissées brutes... dur travail d'objectivité et d'honnêteté. Laissons parler les faits, ils rendront, comme le dit cette célèbre phrase, "A césar ce qui est à César".

Je souhaite vous présenter une série de photos sur la Commanderie des Templiers de Coulommiers. Ces photos ont été prises lorsque nous sommes arrivé, Sophie Leblanc et moi-même, en septembre 1989 et que nous avons démarré une aventure extraordinaire de richesse humaine, d'inventions, d'actions, de créations. Une aventure qui a associé des milliers de personnes de 7 à 77 ans (comme un journal bien connu) durant ces 17 ans que furent l'aventure ATAGRIF, association membre depuis sa création de l'Union Nationale REMPART.
En septembre 1989, je prenais la présidence de l'association ATAGRIF, présidence que j'ai conservé jusqu'en novembre 1998 pour en devenir alors le directeur. C'est à ce titre d'ancien président de l'association, d'acteur au sein des association REMPART depuis 27 ans et de fondateur du "Centre de Culture et d'Histoire" de la Commanderie des Templiers de Coulommiers que je m'exprime aujourd'hui.

carte_postale_ancienneCette carte postale nous présente la Commanderie des Templiers au début du XXe siècle, encore appelée Ferme de l'Hôpital. Elle restera une ferme jusqu'en 1963, puis fera l'objet d'une remarquable action de sauvetage lancée en 1966 par l'association des Amis du Musée du Papier, sous l'impulsion entre autre de Jean Schelstraete et georges Goetz. Cette association présidera, de 1966 à 1989, à la destinée du lieu réalisant d'énorme travaux et sortant de l'oubli ce monument d'un intérêt national et européen. Notons au passage l'adhésion, dès 1967, des Amis du Musée du Papier à l'Union Nationale REMPART et la continuité dans l'existence de cette association.
La Commanderie de Coulommiers est, donc, la dernière commanderie complète, terrain compris, au nord de la loire avec une architecture des XIIe et XIIIe siècles, ainsi que du XVe siècle sa période hospitalière. Elle dispose, ormis ses bâtiments de charpentes du XIIIe siècle et fait partie des rares témoignages architecturaux templiers disposant de fresques murales d'intérêts européens.

Mais au delà des témoins architecturaux, la Commanderie conserve de sa période hospitalière des noms illustres dans les personnes de Villiers de L'Ile Adan et de Aymerie d'Amboise qui furent tous deux commandeurs de Coulommiers, mais aussi, et surtout, Grand Maître des Hospitaliers de St-Jean de Jérusalem, aujourd'hui Ordre de Malte.

Mais laissons la place aux images de cette année 1989.

chapelle_ext        img001       local_ext_2        porcheries

Chapelle et bâtiment           Vue ext côté sud              petite grange            anciennes porcheries
du chapitre                        côté actuel du jardin         aujourd'hui               

 

local_ext_1                int_local_2               int_local_1 

La petite grange aujourd'hui local associatif et des vues de l'intérieur avant aménagement.

 

sous_grange_1        sous_grange2        cave_1      cave_2

L'état de la grange aujourd'hui atelier de taille de                  L'état intérieur des caves médiévales.
pierre et atelier pédagogique.

Aujourd'hui, pour ceux qui connaissent la Commanderie ces paysages ont bien changé, il faut en remercier les milliers de bénévoles adolescents et adultes, français et étrangers qui durant ces 17 ans ont consacré un jour, une semaine, des mois et pour certains des années à la restauration de ce patrimoine national.

Mais la restauration sans la vie et sans l'animation des lieux ne serait rien.
Alors dans l'esprit et la philosophie de l'Union REMPART, nous avons travaillé durant toutes ces années à faire de la Commanderie des Templiers de Coulommiers un "patrimoine vivant" ancré dans son temps, mais porteur de valeurs favorisant l'implication de tous, dans le soucis de la démocratie participative propre au milieu associatif et donnant à chacun, au travers des activités du "Centre de Culture et d'Histoire", les outils pour se développer et trouver sa voie dans les méandres de notre monde moderne. Il est dommage que certains aient usurpé ces valeurs.

Cette volonté d'action, associé à l'indépendance de l'association durant toutes ces années, ont permi la création d'emplois locaux et l'inscription de l'association et de la Commanderie dans une démarche de développement durable de la région. Partenaire et actrice tant au plan local, départemental que régional, l'association a été durant toute ces années une partisane de l'action, liant avec des institutions et d'autres associations des liens citoyens inscrit dans l'action au service des autres, de la culture, du tourisme et du patrimoine. Mais celà à aussi suscité des rancoeurs, des convoitises, tant en dehors de l'association que dans son sein, la politique au même titre que les ambitions personnelles sont rentrées dans l'association perturbant son fonctionnement, son développement et ses objectifs.
Durant toutes ces années, grâce à nos efforts de communication, la presse, les radios, la télévision se sont souvent fait l'écho des activités de la Commanderie, donc de l'association ATAGRIF,  projetant celle-ci sur le devant de la scène patrimoniale nationale, accentuant encore les convoitises. C'est dur  quand on n'aide pas une structure dont les autres parlent. Alors, avec le temps, les hésitations, les lourdeurs internes, les conflits, le navire a commencé à chalouper, pour aujourd'hui se dirige droit vers les récifs. Pourtant, nous avions prévenu... Alors ???

Alors, oui, cette oeuvre, ce travail de 17 ans, au service de l'histoire, d'un patrimoine et d'un idéal associatf et social est aujourd'hui, en danger. Cette action, outil au service du développement personnel et de l'accès pour tous à un savoir et à une découverte de soi même, est en danger.
Il est tellement facile de détruire ce qui marche, mais que l'on ne peux possèder, plutôt que de reconnaitre les qualités de l'action et d'accepter de s'y associer pour le bien de tous.
Messieurs et Mesdames les politiques de tout bords, c'est dans l'aide que vous apportez et apporterez aux citoyens pour l'accomplissement de leur idéal, souvent au service de la société, que vous gagnerez vos lettres de noblesses au regard du peuple, pas autrement.

Depuis 27 ans que je milite au sein de l'Union REMPART, j'ai appris que pour sauver un patrimoine, il fallait bien en connaître l'histoire, il en va de même pour l'association ATAGRIF, derrière l'action il y a des valeurs que certains nies et voudraient faire taire. Le moteur principal depuis 17 ans est une réelle volonté de mettre en application des valeurs de société favorisant l'accès à la culture, au savoir et à sa recherche personnelle pour tous.

Alors, parce que je suis fier de l'action que j'ai créé durant ces 17 années avec l'aide et l'implication de beaucoup. Parce que je me sens une obligation morale envers tous ceux qui ont participé, donné de leur temps sans attendre de retour et dans le silence.
Parce que je souhaite que demain, le droit d'entreprendre et de réussir ne soit pas exclusivement lié au secteur commercial et marchand, mais aussi au social, à l'humain.
Parce que je sais que nous avons déclanché des passions, des vocations, que nous avons aidé des gens à être, simplement. Que la jeunesse de notre pays à besoin d'exemples divers et variés et que nous en avons été un. Que beaucoup de visiteurs et de participants ont été fier d'être associé à cette oeuvre.
Pour toutes ces raisons, cette histoire doit continuer. Il faut agir et surtout réagir.

Jean-Frédéric BERGER
Président des ATAGRIF de 1989 à 1998

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Mercredi 6 décembre 2006 3 06 /12 /Déc /2006 07:54
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INFORMATION DE PAPOTAGE BRIARD

 

Commanderie des Templiers Coulommiers : Cessation de paiement

 

Hélas trois fois hélas j'avais beau m'y attendre le mail courriel d'hier soir confirme les rumeurs circulant depuis quelques temps du dépot de bilan prochain de l'association Atagrif gérant le site. Si cela me touche c'est surtout dans la pensée de ces neufs personnes qui prochainement perdront leur emploi et que ces bâtiments datant du XI ème siècle vont s'ils son laissés en état rapidement se délabrer si ce n'est un jour s'écrouler par manque d'entretien et de surveillance. Je veux malgré tout garder espoir qu'une solution rapide sera trouver et qu'encore pendant longtemps de nouveaux jeunes et moins jeunes ou enfants prendront plaisir dans ce lieu où tant de choses se sont passés. Combien j'aimerais que ce billet en forme de petite note puisse être découvert par des anciens ayant connus les premiers chantiers d'il y a quarantes ans. Ce serait un si bel hommage rendu à cette vieille dame (si jeune quand on la connait) à l'ombre de laquelle si souvent j'y ai découvert le calme intérieur et la sympathie partagée avec d'autres.

copié du mail reçu à l'attention des adhérents et de ce fait concernant tous les ami(e)s de la commanderie des templiers de Coulommiers ou d'ailleurs : Lettre_aux_adhérents_

Commentaire de Jean Fréderic Berger à Francis de http://papotagebriard.canalblog.com

Merci de relayer cette information, mon cher Francis, j'espère que beaucoup de gens passerons et découvriront cette information,l'occasion peut être de donner d'autres explications sur cette situation.
Etant personnellement mis en cause concernant ma gestion, je garderais pour l'instant une réserve d'obligation, étant bien qu'en arrêt toujours salarié de l'association..
Cependant, je rappellerais, pour ceux qui ne le savent pas, qu'arrivé en septembre 1989 à la Commanderie avec ma compagne, nous avons et j'ai pendant ces 17 ans, d'abord en tant que Président (1989,1998) puis en tant que directeur (1998 ...) créé, mis en place, inventé, géré, avec les différents CA, les bénévoles, les permanents successifs, l'ensemble des activités de la Commanderie, jusqu'à ces derniers mois.
17 ans cela compte...comme exemple de gestion !
C'est donc en tant que "papa" de l'ensemble des actions que je verse une larme de circonstance sur cette oeuvre qui aurait put voir des jours différents. Le temps dira peut être.
Amicalement.

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Jeudi 23 novembre 2006 4 23 /11 /Nov /2006 08:27
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Ce n'est pas un métier commode que celui de raconter des histoires, surtout quant on a pris pour règle de demeurer dans la ligne droite et dans la vérité. Médéric Charot - Roman Paysan 



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