AU COEUR DE MON ENFANCE

charles5.jpg jeanbona.jpg4-picture6fragment-copie-1.gif che-17-fleureau-b21camee17philippe6devalois.jpg

blcarte_cassini.jpg charles_iv_le_bel.jpg  Charles IV le bel

 

UN VILLAGE, C'EST UNE HISTOIRE QUI SE RACONTE

actualité

Bonjour,
Je vous transmets ce message de la part de la FICIB.
En cette veille de Noël ou les feux médiatiques se portent sur Ingrid et que nous espérons la confirmation de bonnes nouvelles concernent Clara, Emmanuel et Conselo Gonzalez cette initiative vous donne une occasion de montrer votre solidarité à tous les autre séquestrés et en particulier à Pablo Emilio, fils de Gustavo Moncayo que nous avons reçus en Europe, et Jose Libio Martinez, les plus anciens otages qui vont passer leur 10éme anniversaire de séquestration.
Bien Cordialement,
LIBERTAD
Jacques de Rostolan
FICIB Centre Bourgogne
Comité  Ingrid Betancourt 41
1, rue Agrippa d'Aubigné 41500 MER
06 85 99 15 00
http://ingrid41.free.fr
ficib.centre@betancourt.info
ficib-bourgogne@betancourt.info
 
----- Original Message -----
From: dominique bouillon
To: FICIB@yahoogroupes.fr
Sent: Thursday, December 20, 2007 12:34 AM
Subject: [FICIB] Fw: Messages Pablo Emilio
 

 

 Bonsoir (ou bonjour) à tou(te)s.
 
 
Vendredi 21 Décembre 2007. Pablo Emilio Moncayo et Jose Libio Martinez terminent leur dixième année de séquestration, dixième année de l'autre côté de la barbarie. Nous avons voulu permettre, à tous ceux d'entre vous qui le souhaitent, d'envoyer un message aux deux prisonniers ou d'adresser un mot de soutien et d'encouragement à leurs familles.
La page d'accueil va évoluer avec quelques élèments concernant l'histoire de ces deux jeunes hommes. Vous pouvez néanmoins commencer à poster vos messages à l'adresse suivante (la procèdure est assez simple) :  http://pablo-emilio.blogspot.com/
 
Diffusez largement cette adresse pour que nous soyons un maximum à accompagner les familles des séquestrés à l'occasion de ce triste anniversaire.
 
Merci.
 
Dominique
Ecrire un commentaire
Jeudi 20 décembre 2007 4 20 /12 /Déc /2007 11:42
- Voir les 1 commentaires
Samedi 8 décembre 

Salle des fêtes, rue du Liéton

Ecrire un commentaire
Vendredi 7 décembre 2007 5 07 /12 /Déc /2007 16:05
- Voir les 0 commentaires

 

 
Téléphone : 01.64.29.21.66

 

La halle d’Egreville datant du XVIème siècle accueille sa traditionnelle foire .

Concours de volailles grasses

Concours de plumage à sec 9 ème concours gastronomique de poulets de ferme cuits à la broche.

Toute la journée, dégustation et vente, marché du terroir, bûche de Noël géante, cidre pressé à l’ancienne, boudin blanc…


Samedi 8 décembre
Ecrire un commentaire
Vendredi 7 décembre 2007 5 07 /12 /Déc /2007 15:50
- Voir les 0 commentaires

Le texte du message de Sarkozy aux otages des FARC
AP | 06.12.2007 | 01:14
Voici le texte du message radiophonique adressé par le président français Nicolas Sarkozy aux otages des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), et en particulier à la Franco-colombienne Ingrid Betancourt.

"Bonjour,

"Je suis Nicolas Sarkozy, le président de la République française.

"Je m'adresse à vous qui êtes retenus en otages, je m'adresse à vous en mon nom personnel, mais surtout au nom des 62 millions de Français et, je crois pouvoir le dire, au nom de toutes les femmes et de tous les hommes de bonne volonté qui, partout dans le monde, à l'unisson, réclament votre liberté.

"Avec eux, je refuse l'idée de vous laisser en perdition. Je me suis engagé pour vous. Je me suis engagé à vous arracher à un destin inhumain. Ceux qui vous détiennent font une erreur tragique. Ils s'égarent. Ils s'isolent. La communauté internationale est unanime à condamner leurs méthodes. Il est temps pour eux de le comprendre et de faire preuve d'initiative.

"Les documents qui viennent d'être publiés nous ont bouleversés. Ils montrent le visage de la souffrance. Ils révèlent l'âme du désespoir.

"C'est pourquoi, je veux m'adresser à vous tous pour vous apporter le message de solidarité de la France. Solidarité avec la Colombie, qui vit une tragédie quotidienne dont plus personne ne perçoit le sens; solidarité avec vous, retenus injustement, cruellement, en otages; solidarité avec vos familles, avec vos amis, qui mesurent le temps perdu sur le calendrier des souvenirs.

"A tous, je veux le dire: la France ne vous oubliera pas. Elle ne vous oubliera jamais. En ce moment même la France recherche de nouveaux moyens pour vous rendre à la liberté, pour vous rendre aux vôtres et à la vie. L'urgence d'une solution est devenue encore plus évidente aux yeux de tous. J'aurai, avec la discrétion qui s'impose, tous les contacts nécessaires pour atteindre le seul objectif qui m'intéresse: votre liberté.

"J'ai déjà eu de nombreux échanges personnels avec des dirigeants qui, à un titre ou à un autre, peuvent nous aider à avancer: en premier lieu, le Président Alvaro Uribe, avec lequel j'entretiens un dialogue suivi; le Président Chavez, que j'ai reçu à Paris; le Président des Etats Unis, dont trois compatriotes figurent parmi vous. Je poursuivrai sans relâche cette action en m'assignant une obligation de résultat.

"Pour terminer ce court message d'amitié, de solidarité et d'espoir, je veux m'adresser plus particulièrement à Ingrid Betancourt, ma compatriote.

"Je veux vous dire, chère Ingrid, mon admiration pour votre dignité, pour votre courage dans une situation où des êtres plus faibles auraient perdu jusqu'à leur humanité; je veux vous dire l'affection des vôtres, avec lesquels j'entretiens une relation confiante et régulière; Je veux vous apporter le témoignage du refus de la France d'accepter l'inacceptable.

"Ingrid, nous ne vous laisserons jamais tomber. Je vous supplie d'avoir confiance. Nous y arriverons. Il faut que vous teniez parce que votre famille vous attend."

AP
Source . Nouvel obs
Ecrire un commentaire
Jeudi 6 décembre 2007 4 06 /12 /Déc /2007 14:37
- Voir les 3 commentaires
Evenementiel

FETE DE LA SAINT-NICOLAS A SAMOIS_SUR-SEINE

PLACE DE LA REPUBLIQUE
place de la République
SAMOIS SUR SEINE (77920)
06déc
 
 
DESCRIPTIONFête et carnaval
-Loin de l'effrayante légende?

Pour fêter la Saint-Nicolas, la commune de Samois a choisi de faire plaisir aux enfants (sages). Une distribution de bonbons (exit le pain d'épices !) est prévue en effet dans le centre de la ville pour les petits chanceux qui auront réussi à échapper au père fouettard.
FETE DE LA SAINT-NICOLAS A SAMOIS_SUR-SEINE - FETE DE LA SAINT-NICOLAS A SAMOIS_SUR-SEINE  						(C) FETE DE LA SAINT-NICOLAS A SAMOIS_SUR-SEINE

Infos supplémentaires : Le jeudi 6 décembre 2007 :
- Jeudi à partir de 17:00

Tarifs d'entrée :
- Gratuit

Ecrire un commentaire
Mercredi 5 décembre 2007 3 05 /12 /Déc /2007 13:22
- Voir les 0 commentaires

Bonjour,

Ci-dessous l’action qui va être menée le 10 décembre, cette action va se dérouler dans plusieurs pays en même temps (Belgique, Canada …. )

Nous vous invitons à y participer …

Il faut envoyer un maximum de signatures avec le texte suivant :

Texte à faire signer :
-----------------------

10 DÉCEMBRE 2007:
JOURNEE MONDIALE DES DROITS HUMAINS

JOURNÉE INTERNATIONALE
POUR L'ACCORD HUMANITAIRE EN COLOMBIE
 

ACTION FACE AUX AMBASSADES ET CONSULATS
DE COLOMBIE A L'ETRANGER

« Si la tragédie, dans le sens classique, décrit une situation sans issue où tous les voies du conflit débouchent sur la douleur, aucun des peuples au monde ne mérite de vivre dans la tragédie. Et, évidemment, la Colombie non plus.

Nous qui, en défense de l'humanité, rêvons d'un monde où la liberté et le bonheur collectif reposent sur la justice, nous refusons de croire qu'en Colombie on ait institué la tragédie comme notre destin inéluctable ».

Nous apprécions énormément les initiatives du président Hugo Chávez, de la sénatrice Piedad Córdoba, du président français Nicolas Sarkozy ainsi que celles des pays amis pour l'accord humanitaire;

nous faisons appel à la sagesse et à la prudence pour maintenir des liens de fraternité entre les peuples de la Colombie et du Vénézuéla;

nous exigeons la libération de tout les otages qui se trouvent entre les mains des Farc et nous appelons au dialogue pour une solution politique négociée au conflit colombien.


Signatures





Nous devons inonder les fax et les boites mails :


Mr l'Ambassadeur Fernando Cepeda Ulloa : 

Téléphone:   (33) 1 42 65 46 08 
Télécopie:     (33) 1 42 66 18 60
Fax:                (33) 1 42 89 92 92

eparis@minrelext.gov.co ou et   ajaramillo@amb-colombie.fr

 
 
 
Ecrire un commentaire
Lundi 3 décembre 2007 1 03 /12 /Déc /2007 00:34
- Voir les 1 commentaires
 La revue de presse   de  www.Betancourt.info 

>Ajouter cette page à mes favoris

>Rechercher sur le web

Outils de traduction :   >Free.fr  >Google


 

Traduction de la Lettre d'Ingrid à sa maman

01/12/2007 - El Tiempo

Yolanda Pulecio, la maman d'Ingrid, me demande de publier ce qui suit :

La lettre dont vous trouvez ici la traduction est une lettre privée adressée uniquement à sa famille. Malheureusement la fiscalia (le ministère public colombien) ne lui a pas remis l'original mais seulement une copie - de plus tous les numéros de pages ont été arrachés ce qui laisse supposer que certaines parties manquent. Yolanda Pulecio n'a donné aucune autorisation de publication. Ni à la fiscalia, ni au journal El Tiempo. De plus certains passages ont été mal retranscrits et peuvent changer de sens.

Comme elle est maintenant dans le domaine public et que de nombreux journaux - y compris en France - en ont publié des extraits, nous la publions ici. En regrettant cette intrusion par les media dans la vie privée d'une famille déjà affectée par une situation inhumaine

- - -

«C’est un moment très dur pour moi. Ils demandent brusquement des preuves de vie et je t’écris, mon âme tendue sur ce papier. Je vais mal physiquement. Je ne me suis pas réalimentée, j’ai l’appétit bloqué, les cheveux me tombent en grandes quantités

Je n’ai envie de rien. Je crois que c’est la seule chose de bien, je n’ai envie de rien car ici, dans cette jungle, l’unique réponse à tout est « non ». Il vaut mieux donc n’avoir envie de rien pour demeurer au moins libre de ses désirs. Cela fait 3 ans que je demande un dictionnaire encyclopédique pour lire quelque chose, pour apprendre quelque chose, pour maintenir en vie ma curiosité intellectuelle. Je continue à espérer qu’au moins par compassion, ils m’en procureront un, mais il vaut mieux ne pas y penser.

Chaque chose est un miracle, même t’entendre chaque matin, car la radio que j’ai est très vieille et abîmée.

Je veux te demander, Mamita jolie, que tu dises aux enfants qu’ils m’envoient trois messages hebdomadaires (...). Rien de transcendant si ce n’est ce qui leur viendra à l’esprit et ce qu’ils auront envie d’écrire (…). Je n’ai besoin de rien de plus mais j’ai besoin d’être en contact avec eux. C’est l’unique information vitale, transcendante, indispensable, le reste ne m’importe plus (…).

Comme je te disais, la vie ici n’est pas la vie, c’est un lugubre gaspillage de temps. Je vis ou pliutôt je survis dans un hamac tendu entre deux piquets, recouvert d’une moustiquaire et avec une bâche au dessus qui fait office de toit et me permet de penser que j’ai une maison.

J’ai une tablette où je mets mes affaires, c’est-à-dire mon sac à dos avec mes vêtements et la Bible qui est mon unique luxe. Tout est prêt pour que je parte en courant. Ici rien n’est à soi, rien ne dure, l’incertitude et la précarité sont l’unique constante. A chaque instant, ils peuvent donner l’ordre de tout ranger [pour partir] et chacun doit dormir dans n’importe quel renfoncement, étendu n’importe où, comme un animal (…). Mes mains transpirent et j’ai l’esprit embrumé, je finis par faire les choses deux fois plus doucement qu’à la normale. Les marches sont un calvaire car mon équipement est très lourd et je ne le supporte pas. Mais tout est stressant, je perds mes affaires ou ils me le prennent, comme le jeans que Mélanie m’avait offert pour Noël, que je portais quand ils m’ont pris. L’unique chose que j’ai pu garder est la veste, et c'est une bénédiction, car les nuits sont glaciales et je n’ai rien de plus pour me couvrir.

Avant, je profitais de chaque baignade dans la rivière. Mais maintenant comme je suis la seule femme du groupe, je dois y aller presque totalement vêtue : short, chemise, bottes. Avant j’aimais nager dans la rivière mais maintenant je n’en ai plus le souffle. Je suis faible, je ressemble à un chat face à l’eau. Moi qui aimais tant l’eau, je ne me reconnais pas. (…) Mais depuis qu’ils ont séparé les groupes, je n’ai eu ni l'intérêt ni l’énergie de faire quoi que ce soit. Je fais quelques étirements car le stress me bloque le cou et cela me fait très mal.

Avec les exercices d’étirement, le split et autres, je parviens à détendre un peu mon cou. (...) Je fais en sorte de rester silencieuse, je parle le moins possible pour éviter les problèmes. La présence d’une femme au milieu de tant de prisonniers masculins qui sont dans cette situation depuis 8 à 10 ans, est un problème (…). Lors des inspections, ils nous privent de ce que nous aimons le plus. Une lettre de toi qui m’était arrivée, m’a été prise après la dernière preuve de survie, en 2003. Les dessins d’Anastasia et de Stanislas [neveux d’Ingrid], les photos de Mélanie et Lorenzo, le scapulaire de mon papa, mon programme de gouvernement en 190 points, ils m’ont tout pris. Chaque jour, il me reste un peu moins de moi-même. Certains détails t’ont été racontés par Pinchao. Tout est dur.

Il est important que je dédie ces lignes à tous ceux qui sont mon oxygène, ma vie. A ceux qui me maintiennent la tête hors de l’eau, qui ne me laissent pas couler dans l’oubli, le néant et le désespoir. Ce sont toi, mes enfants, Astrid et mes petits enfants, Fab [Fabrice Delloye], Tata Nancy et Juanqui [Juan Carlos, son mari].

Chaque jour, je suis en communication avec Dieu, Jésus et la Vierge (...). Ici, tout a deux visages, la joie vient puis la douleur. La joie est triste. L’amour apaise et ouvre de nouvelles blessures... c’est vivre et mourir à nouveau.

Pendant des années, je n’ai pas pu penser aux enfants et la douleur de la mort de papa accaparait toute ma capacité de résistance. Je pleurais en pensant à eux, je me sentais asphyxiée, sans pouvoir respirer. En moi, je me disais : « Fab est là, il veille à tout, il ne faut pas y penser, il ne faut pas penser ». Je suis presque devenue folle avec la mort de papa. Je n’ai jamais su comme cela s’est passé, qui était là, s’il m’a laissé un message, une lettre, une bénédiction. Mais ce qui a soulagé mon tourment, cela a été de penser qu’il est parti confiant en Dieu et que là-bas, je le retrouverai pour le prendre dans mes bras. Je suis certaine de cela. Te sentir a été ma force. Je n’ai pas vu de messages jusqu’à ce qu’ils me mette dans le groupe de [l’otage] Lucho, Luis Eladio Pérez, le 22 août 2003. Nous avons été de très bons amis, nous avons été séparés en août. Mais durant ce temps, il a été mon soutien, mon écuyer, mon frère (…).

J’ai en mémoire l’âge de chacun de mes enfants. A chaque anniversaire, je leur chante « Happy Birthday ». Je demande à ce qu’on me laissent faire une gâteau. Mais depuis trois ans, à chaque fois que je le demande, la réponse est non. Ca m’est égal, s’ils amènent un biscuit ou une soupe quelconque, de riz et de haricot -notre ordinaire, je me figure que c’est un gâteau et je célèbre, dans mon cœur, leur anniversaire.

A toi ma Melelinga [Mélanie], mon soleil de printemps, ma princesse de la constellation du cygne, à elle que j’aime tant, je veux te dire que je suis la maman la plus fière de cette terre (…). Et si je devais mourir aujourd’hui, je partirais satisfaite de la vie, en remerciant Dieu pour mes enfants. Je suis heureuse pour ton master à New York. C’est exactement ce que je t’aurais conseillé. Mais attention, il est très important que tu fasses ton DOCTORAT. Dans le monde actuel, même pour respirer, il faut des lettres de soutien (...). Je ne vais pas même me fatiguer à insister auprès de Loli [Lorenzo] et Méla qu’ils n’abandonnent pas avant d’avoir leur doctorat. J’aimerais que Méla me le promette.

(...) Mélanie, je t’ai toujours dit que tu étais la meilleure, bien meilleure que moi, une sorte de meilleure version de ce que j’aurais voulu être. C’est pourquoi, avec l’expérience que j’ai accumulé dans ma vie et dans la perspective que donne le monde vu à distance, je te demande, mon amour, que tu te prépares à arriver au sommet.

A toi mon Lorenzo, mon Loli Pop, mon ange de lumière, mon roi des eaux bleues, mon chef musicien qui me chante et qui m’enchante, au maître de mon coeur, je veux dire que depuis que tu es né jusqu’à aujourd’hui, tu as été ma source de joie. Tout ce qui vient de toi est un baume pour mon coeur, tout me réconforte, tout m’apaise, tout me donne plaisir et placidité (...). J’ai enfin pu entendre ta voix, plusieurs fois cette année. J’en ai tremblé d’émotion. C’est mon Loli, la voix de mon enfant, mais il y a déjà un autre homme sur cette voix d’enfant. Un enrouement d’homme-homme, comme celle de mon papa (…). L’autre jour, j’ai découpé une photo dans un journal arrivé par hasard. C’est une réclame pour un parfum de Carolina Herrera « 212 Sexy men ». On y voit un jeune homme et je me suis dit : mon Lorenzo doit être comme ça. Et je l’ai gardé.

La vie est devant eux, qu’ils cherchent à arriver le plus haut possible. Etudier c'est grandir : non seulement par ce qu’on apprend intellectuellement, mais aussi par l’expérience humaine, les proches qui alimentent émotionnellement pour avoir chaque jour un plus grand contrôle de soi, et spirituellement pour modeler un plus grand caractère de service d’autrui, où l’ego se réduit à sa plus minime expression et où on grandit en humilité et force morale. L’un va avec l’autre. C’est cela vivre, grandir pour servir (…).

A mon Sébastien [fils du premier mariage de Fabrice Delloye], mon petit prince des voyages astraux et ancestraux. J’ai tant à te dire ! Premièrement, que je ne veux pas partir de ce monde sans qu’il n’ait la connaissance, la certitude et la confirmation que ce ne sont pas deux, mais trois enfants de coeur, que j’ai (…). Mais avec lui, je devrais dénouer des années de silence qui me pèsent trop depuis la prise d’otage. J’ai décidé que ma couleur favorite était le bleu de ses yeux (…). Si je venais à ne pas sortir d’ici, je te l’écris pour que tu le gardes dans ton âme, mon Babon adoré, et pour que tu comprennes, ce que j’ai compris quand ton frère et ta sœur sont nés : je t’ai toujours aimé comme le fils que tu es et que Dieu m’a donné. Le reste n'est que des formalités.

(…) Je sais que Fab a beaucoup souffert à cause de moi. Mais que sa souffrance soit soulagée en sachant qu’il a été la source de paix pour moi. (…) Dis à Fab que sur lui, je m’appuie, sur ses épaules, que je pleure, qu’il est mon soutien pour continuer à sourire de tristesse, que son amour me rend forte. Parce qu’il fait face aux nécessités de mes enfants, je peux cesser de respirer sans que la vie ne me fasse tant mal. (…)

A mon Astrica (Astrid, sa soeur), il y a tant de choses à dire que je ne sais par où commencer. Tout d’abord, lui dire que « sa logique de vie » m’a sauvée pendant la première année de prise d’otage, pendant l’année de deuil de papa (…). J’ai besoin de parler avec elle de tous ces moments, de la prendre dans mes bras et de pleurer jusqu’à ce que se tarisse le puits de larmes que j’ai dans mon cœur. Dans tout ce que je fait dans la journée, c'est elle qui est ma référence. Je pense toujours, « ça, je le faisais avec Astrid quand nous étions gosses» ou « ça, Astrid le faisait mieux que moi ». (…) Je l’ai entendue plusieurs fois à la radio. Je ressens beaucoup d’admiration pour son expression impeccable, pour la qualité de sa réflexion, pour la domination de ses émotions, pour l’élégance de ses sentiments. Je l’entends et je pense « Je veux être comme elle» (…). Je m’imagine comment vont Anastasia et Stanis (les enfants d'Astrid). Combien cela m’a fait mal qu’ils me prennent leurs dessins. Le poème d’Anastasia disait « par un tour du sort, par un tour de magie ou par un tour de Dieu, en trois années ou trois jours, tu seras de retour parmi nous ». Le dessin de Stanis était un sauvetage en hélicoptère, moi endormie et lui en sauveur.

Mamita, il y a tant de personnes que je veux remercier de se souvenir de nous, de ne pas nous avoir abandonnés. Pendant longtemps, nous avons été comme les lépreux qui enlaidissaient le bal. Nous, les séquestrés, ne sommes pas une thème « politiquement correct », cela sonne mieux de dire qu’il faut être fort face à la guérilla même s’il faut sacrifier des vies humaines. Face à cela, le silence. Seul le temps peut ouvrir les consciences et élever les esprits. Je pense à la grandeur des Etats-Unis, par exemple. Cette grandeur n’est pas le fruit de la richesse en terres, matières premières, etc, mais plutôt le fruit de la grandeur d’âme des leaders qui ont modelé la Nation. Quand Lincoln a défendu le droit à la vie et à la liberté des esclaves noirs en Amérique, il a aussi affronté beaucoup de Floridas et Praderas [municipalités demandées par les FARC pour la zone démilitarisée]. Beaucoup d’intérêts économiques et politiques que certains considéraient comme supérieurs à la vie et à la liberté d’une poignée de noirs. Mais Lincoln a gagné et il reste imprimé sur le collectif de cette nation, la priorité de la vie de l’être humain sur quelque autre type d’intérêt.

En Colombie, nous devons encore penser à notre origine, à qui nous sommes et où nous voulons aller. Moi, j’aspire à ce qu’un jour, nous ayons la soif de grandeur qui fait surgir les peuples du néant pour atteindre le soleil. Quand nous serons inconditionnels face à la défense de la vie et de la liberté des nôtres, c’est-à-dire, quand nous serons moins individualistes et plus solidaires, moins indifférents et plus engagés, moins intolérants et plus compatissants. Alors, ce jour-là, nous serons la grande nation que nous voulons tous être. Cette grandeur est là endormie dans les cœurs. Mais les cœurs se sont endurcis et pèsent tant qu’ils ne nous permettent pas des sentiments élevés.

Mais il y a beaucoup de personnes que je voudrais remercier car ils ont contribué à réveiller les esprits et à faire grandir la Colombie. Je ne peux pas tous les mentionner [elle cite alors l’ex président Lopez et « en général, tous les ex présidents libéraux », Hernan Echevarria, les familles des députés du Vallée, Monseigneur Castro et le Père Echeverri].

Mamita, hélas, ils viennent demander les lettres. Je ne vais pas pouvoir écrire tout ce que je veux. A Piedad et à Chavez, toute, toute mon affection et mon admiration. Nos vies sont là, dans leur cœur, que je sais grand et valeureux. [elle dédie alors un paragraphe de remerciements à Chavez, Alvaro Leyva, Lucho Garzon [ancien maire de Bogota] et Gustavo Petro, puis mentionne des journalistes].

Mon cœur appartient aussi à la France (…). Quand la nuit était la plus obscure, la France a été le phare. Quand il était mal vu de demander notre liberté, la France ne s’est pas tue. Quand ils ont accusé nos familles de faire du mal à la Colombie, la France les a soutenues et consolées.

Je ne pourrais pas croire qu’il est possible de se libérer un jour d’ici, si je ne connaissais pas l’histoire de la France et de son peuple. J’ai demandé à Dieu qu’il me fasse don de la même force que celle avec laquelle la France a su supporter l’adversité, pour me sentir plus digne d’être comptée parmi ses enfants. J’aime la France de toute mon âme, les voix de mon être cherchent à se nourrir des composants de son caractère national, elle qui cherche toujours à se guider par principes et non par intérêts. J’aime la France avec mon cœur, car j’admire la capacité de mobilisation d’un peuple qui, comme disait Camus, sait que vivre, c’est s’engager. (…) Toutes ces années ont été terribles mais je ne crois pas que je pourrais être encore vivante sans l’engagement qu’ils nous ont apporté à nous tous qui ici, vivons comme des morts.

(...) Je sais que ce que nous vivons est plein d’inconnues, mais l’histoire a ses temps propres de maturation et le président Sarkozy est sur le Méridien de l’Histoire. Avec le président Chavez, le président Bush et la solidarité de tout le continent, nous pourrions assister à un miracle.

Durant plusieurs années, j’ai pensé que tant que j’étais vivante, tant que je continuerai à respirer, je dois continuer à héberger l’espoir. Je n’ai plus les mêmes forces, cela m’est très difficile de continuer à croire, mais je voudrais qu’ils ressentent que ce qu’ils ont fait pour nous, fait la différence. Nous nous sommes sentis des êtres humains (...).

Mamita, j’aurais plus de choses à dire. T’expliquer que cela fait longtemps que je n’ai pas de nouvelles de Clara et de son bébé (…). Bon, Mamita, que Dieu nous vienne en aide, nous guide, nous donne la patience et nous recouvre. Pour toujours et à jamais.» ...

 

Ecrire un commentaire
Dimanche 2 décembre 2007 7 02 /12 /Déc /2007 23:48
- Voir les 0 commentaires
 
Ingrid Betancourt a adressé à sa famille une lettre de 12 pages de "désespoir et de solitude", a déclaré vendredi 30 novembre son fils Lorenzo, après avoir pris connaissance du contenu du texte par sa grand-mère Yolanda Pulecio.
Le fils de l'otage franco-colombienne venait de s'entretenir par téléphone avec sa grand-mère, qui lui a fait part d'extraits de cette lettre que les autorités colombiennes lui ont fait lire à Bogota.
"Elle n'en peut plus. Il faut la secourir. On sent qu'elle ne va pas tenir très longtemps", a déclaré Lorenzo Delloye.
"C'est tout d'abord une lettre de désespoir de femme qui crie au secours mais malgré tout une mère qui nous aime", a-t-il ajouté.
"Elle dit qu'elle se sent terriblement seule, perdue dans cette jungle", a-t-il dit.

"Maman n'en peut plus"

"Cette lettre nous montre que maman n'en peut plus comme tous les autres (otages)... qui sont au fond de la jungle en train de mourir tous les jours un peu plus", a ajouté peu après sa soeur Mélanie, visiblement très émue, à la chaîne de télévision France 2.
"Si on ne fait pas tout pour qu'ils reviennent le plus vite possible à la maison, on va les perdre dans cette jungle", a-t-elle dit, au bord des larmes.
Lorenzo Delloye a ajouté que sa grand-mère Yolanda Pulecio lui avait "surtout lu des passages d'amour", lui assurant que c'était bien l'écriture de sa mère.
Il a toutefois précisé qu'Ingrid Betancourt affirmait dans la lettre "être au courant de tout grâce aux messages que ma grand-mère lui envoie tous les jours" sur une radio colombienne. "Ma grand-mère m'a dit que maman appelait ça son cordon ombilical", a-t-il ajouté.

Doutes sur la torture

Comme le reste de la famille, Lorenzo Delloye a exprimé ses doutes sur les déclarations du président colombien Alvaro Uribe qui a affirmé vendredi qu'Ingrid Betancourt avait été "torturée".
"Je demande à Alvaro Uribe de nous fournir les preuves de ce qu'il affirme. C'est inacceptable de lancer ce type d'information sans preuve", a-t-il lancé, appelant la guérilla des Farc et Alvaro Uribe à s'entendre et à engager les négociations pour la libération des otages.
"Il faut que le président Uribe comprennent que les otages se sentent seuls et qu'ils meurent de solitude et de désespoir", a-t-il dit.
Les autorités colombiennes ont montré vendredi des preuves de vie d'otages fournies par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) qui les retiennent, dont une vidéo et une lettre d'Ingrid Betancourt. L'ex-candidate à la présidentielle colombienne, enlevée en février 2002, apparaît sur une vidéo très amaigrie, immobile, le visage et les yeux baissés.

Source : libération

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites
/international/20071201.OBS7811/
ingrid_betancourt_a_adresse_une_lettrede_desespoir_et_d.html
Ecrire un commentaire
Samedi 1 décembre 2007 6 01 /12 /Déc /2007 09:37
- Voir les 0 commentaires

Texte libre

Ce n'est pas un métier commode que celui de raconter des histoires, surtout quant on a pris pour règle de demeurer dans la ligne droite et dans la vérité. Médéric Charot - Roman Paysan 



Présentation

Catégories

Recherche

Commentaires

W3C

  • Flux RSS des articles

Images aléatoires

  • Les médievales de Provins 226
  • DSCN3922

Recommander

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés