AU COEUR DE MON ENFANCE

Charles IV le bel
UN VILLAGE, C'EST UNE HISTOIRE QUI SE RACONTE

Charles IV le bel
UN VILLAGE, C'EST UNE HISTOIRE QUI SE RACONTE
Olivier Hedoux
Artiste photographe
La vision du monde est-elle photographiable ?
par Marie de Mazan
Lors de notre sortie -étude sur la couleur, moyen d’expression en peinture et photographie, nous avons eu des échanges très fructueux avec nos différents amis qui étaient présents lors de cette journée. J’ai particulièrement dialogué avec Oliver Hedoux qui s’est exprimé sur la photographie contemporaine. Je vous livre ici un entretien très riche et passionnant sur la vision de l’art photographique.
Marie de Mazan : la photographie est-ce un art ou une technique ?
Olivier Hedoux : Au sens strict, la photographie est une technique permettant de reproduire la réalité. Mise au point il y a plus de 100 ans, elle est aujourd’hui à la portée de tous. Avec le numérique, la photographie confirme sa vocation à saisir des instants. En famille, entre amis, en voyages, et en loisirs, l’image photographique est omniprésente. Et avec les nouvelles technologies, l’internet, et la globalisation, son avenir est assuré !
Noyée dans les images, notre société a besoin d’Art. L’Art c’est un moyen d’expression Divin. L’Art utilise un langage parfait, fait d’esthétisme, de plastique, de techniques, de sciences, et de visions. L’Art est la « transformée de Fourier » d’une équation de la Vie.
La peinture et la sculpture sont des arts majeurs, valorisés, et à juste titre, puisqu’ils rentrent parfaitement dans la définition de l’Art. La photographie elle, a toujours été considérée comme un art mineur. Et depuis que la photographie existe les débats sont légions ! Et les camps aussi. Je ne rentrerai donc pas dans ce néant, tout a été dit.
Peu importe la technique puisque, seule compte le résultat, l’expression d’une vision de l’esprit. C’est dans ce référentiel que je me place.
Mde M : La photographie sert-elle uniquement à reproduire le réel ?
OH : La photographie reproduit une image du réel, mais jamais l’ensemble de la Réalité.
La photographie utilise la lumière comme pinceau, et son spectre comme couleurs.
Notre perception de la lumière, des couleurs, des volumes et perspectives, dépend de mécanismes biochimiques propres à notre biologie. De ce fait les images obtenues dépendent beaucoup du support et du traitement de l’image. De l’œil au cerveau !
D’autre part, la photographie définie un « cadre ». De ce fait elle ne peut saisir qu’une partie du réel. Avec des sciences comme l’Optique, la spectrophotographie, ou encore le microscope électronique, elle arrive même à créer des images que notre œil ne pourrait jamais percevoir. Des images hors de notre réel mais pourtant bien présent dans la réalité. Partant de ces faits, il reste que cette image du réel, peut ensuite être transformée sans pour autant en perdre sa fonction de « vrai ». L’artiste joue avec la lumière, son spectre, et crée un cadre, une vision de l’esprit. Il a une intention, une recherche, et applique les préceptes de l’Art. Le photomontage, le collage, la projection, l’animation, sont des champs d’applications artistiques qui peuvent utiliser la photographie comme unique support.
Mde M : la technique peut-elle dépasser l’art ?
OH : La technique ne pourra jamais dépasser l’Art. Seul l’esprit peut prétendre à faire de l’Art. Car l’esprit est part du Divin. Un ordinateur arrive aujourd’hui à créer des images fantastiques, mais il crée ces images suite au programme d’un artiste des mathématiques et de l’informatique.
Les mathématiques sont un Art, un art majeur sans aucun doute !
Et même si un jour la technique nous permet de construire des machines biologiques, il reste que sans esprit, il ne peut y avoir d’art. D’ailleurs, connaissez-vous une autre espèce animale qui possède cette notion d’Art ?
MdeM : la photographie n’est-elle pas une forme déchue de la peinture ?
OH : Certainement pas ! Bien au contraire. La peinture fait appelle à des techniques, mais il reste que c’est toujours l’œil du peintre qui voit. L’œil est l’appareil photographique biologique le plus sophistiqué qui soit. Mais il utilisera toujours son esprit pour retransmettre sa vision sur la toile.
Peintres et sculpteurs, utilisent la photographie sans même sans apercevoir.
Sans oublier que la photographie sert souvent de modèle aux peintres. C’est même un des usages les plus courant aujourd’hui. Imaginez que de grandes peintures ou sculptures ne sont que les reproductions d’une photographie mise en vision par le maitre me réjoui ! La photographie est une technique à part entière, un art aussi, parfois, mais pas toujours. C’est ce qui en fait un art mineur.
MdeM : Qu’elle est la frontière entre l’esthétisme et l’artistique dans l’art photographique ?
OH : Votre question nous place donc dans la photographie artistique. L’esthétisme est une notion qui défini des critères de beauté. L’esthétisme c’est la recherche de l’harmonie, de l’équilibre, du beau pour atteindre le sublime.
En photographie l’esthétisme est avant tout, le cadrage d’une réalité mise en lumière, aboutissant à un réel. Que se soit en mode, en reportage, en studio, la beauté d’une photographie est la résultante d’une évidente harmonie. Qu’elle soit en couleur ou en noir et blanc, une photographie sans recherche esthétique ne peut prétendre à l’Art.
Tout le monde peut faire une photographie artistique. Même lorsqu’il s’agit de photos de famille !
Cependant la technique photographique restreint les champs de recherche par rapport à la peinture. La notion d’original est fondamentale. Le tirage ou la reproduction peuvent être traitées et devenir une autre vision, un autre réel.
Mais l’original lui est unique. Un négatif, un ektachrome, une diapositive, un fichier RAW, sont des photographies artistiques au sens pure.
La photographie devient une œuvre d’art, à partir du moment où elle renvoie une esthétique, exprime une plastique et retransmet une vision de l’esprit d’un instant bien réel. Il n’existe pas vraiment de frontière, mais uniquement un champ d’application restreint, du fait de ses techniques.
MdeM : La vision du monde est-elle photographiable ?
OH : Commençons par poser le problème.
Soit la constante A, défini par l’Art avec A=œuvre de l’esprit.
Soit la variable k, les arts majeurs, dont font parti la sculpture et la peinture.
Soit la variable a, les arts mineurs dont fait parti la photographie.
Soit l’ensemble V défini par la Vision, et ses champs de perception.
Soit l’ensemble R défini par la Réalité (le Monde), le plus complexe ensemble de l’univers composé d’une multitude de réels multidimensionnels !
Soit l’équation suivante : A(k-a+1) =V dans l’ensemble R
Montrer que cette équation permet d’expliquer que la vision du monde est photographiable.
Je vous propose la démonstration suivante :
- Nous savons que la photographie est une technique qui permet de reproduire un réel.
- Nous savons qu’elle utilise une technique qui restreint les champs d’application dans l’ensemble V de la Vision de l’esprit.
- Nous savons qu’elle utilise une technique qui par contre augmente beaucoup les champs d’application dans l’ensemble R de la Réalité, reproduisant des réels invisibles à l’œil nu.
Les variables a et k se complétant et s’équilibrant dans ces conditions,
on peut dire que a=k
Alors pour a=k nous obtenons A(k-a+1) = A(1) =A=V
A=V, l’art est une vision de l’esprit que la photographie peut reproduire.
CQFD.
Conclusion :
La vision du monde est parfaitement photographiable.
Voici quelques images, photographies bien réelles, que je mets à votre disposition pour vérifier par vous-même si je ne me suis pas trompé dans la résolution de cette équation. Car toute théorie doit être appuyée par des faits et soumise à débat.
Merci Marie de Mazan de m’avoir offert cet instant pour parler avec vous et à nos lecteurs, de mon art, la photographie, et de ma « passion du christ » : la recherche du sublime chez l’homme d’esprit.
Olivier Hedoux.
23 juillet 2007
Paris – France.
Etude d’une plage en Normandie
“Ombre portée sur béton armé”
“Crépuscule d’un béton doré”
“Toile à marée basse
Le Château Marysien est une vaste demeure du XVIIIème siècle où l'écrivain Joseph Kessel (1898–1979) séjourna en 1946 pour écrire, la nuit, La Tour du malheur, dans la chambre n°3.

Jean Fred (Coulommiers) Marie de Mazan et Francis (papotage briard)
Stand Camille Renault et le bateau de pierre
salon du Carrousel du Louvre
Grégory et Marion (Fontenay Trésigny)
également sur le livre d'or :
Bravo pour votre travail et conservez votre enthousiasme intact.
Philippe Guistinati
Un jour en regardant une émission tout à fait par hasard, je vois et je reconnais la Sainte Vierge à Presles en Brie, route que l'on emprunte pour aller à Liverdy en passant par la Brosse et le Monceaux.
Intriguée, ravie, j'écoute : c'était Muse Dalbray dans l'emission "les conteurs".
Le lendemain, j'appelle Michel Vincent, lui demandant les coordonnées car j'avais l'espoir de faire "un papier" sur cette dame.
J'ai pu effectivement avoir rapidement un contact dans la journée même avec Muse Dalbray. J'étais invitée à lui rendre visite dans l'après-midi et me conseille de ne pas oublier mon magnetophone.
A l'heure précise, j'étais devant son petit pavillon. Nous nous sommes regardées longuement et elle me décrocha son beau sourire enjoleur en me disant : "entrez, installez-vous".
Je n'étais pas intimidée, car Muse a fait partie de mon éducation . Ma mère y tenait. Pour m'éduquer sainement , elle m'emmenait au thêatre très souvent, époque bénie où Muse se produisait beaucoup.
J'étais installée sur un canapé, un calepin, et mon magneto à côté de moi, Muse en face de moi. D'une belle diction, elle me dit : "que voulez-vous savoir" ?
- en regardant l'émission des conteurs, pourquoi avoir avoir fait croire que vous habitiez dans les environs de Presles en Brie ?
- parce que je veux bien donner de ma personne au théâtre, au cinéma, à la télévision , mais là, c'est chez moi, il y a mes souvenirs et je ne veux pas être importunée par les journalistes.
- Pourtant, je suis là...dis-je
- Vous ce n''est pas la même chose. Je vais vous faire un cadeau. Je vais vous raconter de belles choses, mais elles ne seront que pour vous. Je vous demande simplement de ne jamais divulguer ces cassettes, et pas de photo de moi, si vous faites un article pour "Le Pays Briard". Je vais vous donner de la doc pour votre boulot, vous inquiétez pas. Mais ce que je vais vous raconter, ce n'est que pour vous.
Je suis retournée souvent l'après- midi chez Muse, avec mon magnétophone. D'ailleurs c'était la première chose qu'elle me demandait quand j'arrivais chez elle et ensuite une fois installée sur le canapé, elle me regardait, en silence. et puis d'un coup, sa voix emplissait toute la maison...
J'ai gardé un souvenir radieux de nos causeries.
J'ai respecté son voeux au sujet des cassettes, et je n'ai pas fait d'article sur elle, ce qui m' valu de sa part un énorme éclat de rire joyeux, une fois informée.
Muse nous a quitté en janvier 1998 à l'âge de 95 ans.
Dernièrement, en triant mes papiers, j'ai retrouvé dans une enveloppe pour cet hypothétique article, un"manifeste" d'écologie mentale pour un retour à la suprématie de l'esprit, association crée par Denis Trinez, Commandeur des Arts et des Lettres - avec l'accord de Muse Dalbray.
DENUTRITION SPIRITUELLE
Nos enfants apprenaient, naguère, la Vertue, en fréquantant les classiques, alors que l'horloge familiale rythmait les alexandrins.
Aujourd'hu, bon nombre d'entre eux ignorent la vie intérieure. Gavés d'images et de bruits, sans racines et sans idéal, ils se réfugient dans les fleaux que nous savons. Nous voudrions, par le biais de l'Art Dramatique, leur apporter un aliment spirituel.
Quant aux adults, beaucoup ne sont pas servis selon leur faim. Ils demandent la Joie, on leur impose le Plaisir. Nous sommes réalistes. Nous savons qu'au début de notre combat, en présentant des oeuvres qui donnent à penser sans être ennuyeyses, nous toucherons surtout des spectateurs déjà motivés. Ensuite ? devenant à la mode, nous verrons venir à nous le grans public auquel nous aurons demandés un effort au lieu de la flatter.
L'AVORTEMENT DU PATRIMOINE FUTUR
Il va falloir nous battre. On a souvent l'impression que ceux-là qui tiennent en mains les destinées de notre Théâtre pratiquent l'avortement du Patrimoine Futur. L'auteur - cette matière première sans laquelle tout le spectacle serait au chômage - ne peut se faire entendre s'il écrit quelque peu au- dessus de la ligne d'horizon. On en reste aux valeurs sûres.. On joue la signature et non pas l'oeuvre. On exhume la pièce inconnue- et qui auraitdû le rester- d'un auteur célèbre au lieu de se tourner vers la découverte. Si on le fait, on étouffe frequemment l'Esprit sous de coûteuse et facheuses mises en scènes. Nous aimerions revenir à plus de rigeur et de sobriété, avec des metteurs en scène servant l'oeuvre au lieu de s'en servir.
RETOUR AUX VRAIES RICHESSES
Notre campagne pour un retour aux vraies richesses passe par le dépassement de soi, les pacifiques batailles d'idées, le vent des sommets qui désouille si bien les âmes..
Pour ce faire, nous avons choisi FRA SYLVERE, pièce mystique de Muse Dalbray, saluée par la presse comme un chef-d'oeuvre lors d'un unique festival (Cloître de saint-Maximin-retransmission par FR3 en 1976). Nul ne sait soucié , depuis, de la créer à Paris. il va de soi que nous ne pourrons le faire que si nous sommes aidés. Ensuite, nous continuerons notre chasse aux oeuvres hautes, ce qui ne veut pas dire hermétiques.
Voulez-vous nous épauler en cette entreprise d'Ecologie Mentale ?
D. T.
vendredi 23 juin 2006 : je souhaitais un témoignage de Mr Jean-Jack Lamouille pour son histoire d'amitié avec Muse Dalbray
voici le mail reçu :
je vous adresse mon texte dans le corps de ce
mail et vous autorise à le publier à la suite de votre article, si vous le
souhaitez. Bravo pour votre article ! Quelle joie j'ai eue à revisiter mon
histoire d'amitié avec Muse !
Cdt
Jean-Jack Lamouille
J'ai fréquenté Muse bien après l'émission de Voisin, "les conteurs", qui doit
dater de 1964 ou 65. J'étais alors bien trop petit pour les émissions de fin de
soirée. Provincial, je n'avais pas eu l'occasion de la voir sur scène. Non, moi,
c'est plus tard que je l'ai découverte. Le déclic m'est venu un soir en voyant
une rediffusion TV où elle se racontait : "60 minutes pour une vie". Une vie
passionnante, une verve et un dynamisme incroyables, un étonnant mélange de
gouaille et de distinction, une coiffure délicieusement anachronique, la "bonne
femme" m'avait séduit ! Je lui ai écrit mon enthousiasme. La timidité vous donne
parfois des audaces... payantes. La dame m'a répondu avec une certaine retenue
où filtrait beaucoup de curiosité... Elle me recevait quelques jours plus tard
pour, entre autre, élucider une énigme : "Monsieur, votre nom bizarre et cette
rue "unijambiste" qui ne figure pas dans mon plan de Paris, vous avouerez qu'il
y a de quoi s'étonner... Enfin, asseyez-vous dans ce fauteuil, c'est le fauteuil
de mes invités", furent ses mots d'accueil. Nous ne devions plus nous quitter
jusqu'à sa mort, dans cette chambre de la Pitié-Salpêtrière, il y a plus de 8
ans ! Sa venue dans ma vie arrivait à un moment opportun ; je venais de perdre
ma grand-mère et me sentais orphelin, très en manque de cette relation complice
"grand-mère-petit-fils". Muse m'a très vite élu "son petit-fils adoptif".
Pendant des années, je l'ai vue une ou 2 fois par semaine dans son
appartement-atelier du 13ème arrondissement. Je l'ai conduite à des castings,
dans les grands magasins, à des soirées. J'ai passé aussi de nombreux séjours
dans sa maison de campagne de la Brie, celle qu'évoque Marie de Mazan. Avec sa
nounou et ses amis du cru, nous avons passé des moments délicieux, suspendus à
ses paroles. Je me rappelle de douces soirées d'été passées sur la terrasse de
sa maison...à rigoler et à savourer les mets préparés par Maria. L'attrait de
Muse et de nos rires étaient tels que nous avions, au cours d'un été, la visite
fréquente d'Emma, la chienne boxer des voisins qui, après avoir creusé un trou
sous le grillage, nous rejoignait sur la terrasse. Après quelques caresses, elle
s'endormait à nos pieds. Le jour, elle nous suivait dans nos promenades le long
de la rivière qui longeait la maison. Je me rappelle aussi une énorme partie de
rigolade quand j'ai appris à Muse le maniement du téléphone sans fil. Muse comme
toutes les artistes avait un gros ego mais avec "ses copains", elle le mettait
volontiers en sourdine. Elle m'a ainsi envoyé des lettres fort réconfortantes.
Je l'ai aussi très souvent filmée avec mon caméscope, ce qu'elle appréciait
quand l'exercice était prémédité mais la faisait râler lorsque j'oubliais de
dire "moteur". Ce qui nous avait aussi rapproché c'est qu'au début des années
20, la comédienne Jeanne Delvert, qu'elle vénérait, avait accepté de lui donner
des cours particuliers et gratuits de comédie dans sa maison de Marly-le-Roi. Or
Jeanne Delvert n'était autre que la cousine de mon grand-père maternel. Etonnant
non ? Une autre surprise devait m'attendre après sa mort. Au cimetière du
Père-Lachaise, j'ai fait la connaissance de sa belle-fille. Je connaissais déjà
son fils, Tristan. Quelques jours après l'incinération de Muse, ils m'invitaient
à déjeuner chez eux et dans la conversation j'appris qu'Evelyne, la belle-fille
avait été professeur d'Education Physique dans un lycée du 78, celui-là même où
mon oncle et ma tante enseignaient cette discipline. Evelyne et ma tante Colette
étaient d'ailleurs de bonnes copines ! Tout se passe comme si ma rencontre avec
Muse avait été "préméditée", planifiée ! Je remercie Marie de Mazan de m'avoir
contacté et invité à compléter son article. Surprise agréable ! Car c'est avec
un immense plaisir et beaucoup d'émotion que j'ai revisité mon histoire d'amitié
avec Muse. Jean-Jack Lamouille - Paris le 23 juin 2006.
André Bay
André Bay, ancien institueur a récolté au fil des années ces petites comptines et pris par le plaisir de cette poésie a demandé à ses amis poètes d'en créer de nouvelles. Véritable trésor de notre enfance, il fallait engranger ce beau recueil qui a pu sortir en 1986 chez Christian de Bartillat édieur aux Presse du Village à Etrepilly. cette année là, j'ai rencontré André Bay, au Salon du Livre qui m'a fait passer une après-midi délicieuse me racontant avec pasion l'histoire des comptines :
"La comptine est volontiers automatique, elle puise ses mots dans une boîte magique, les enferme dans un godet, les secoue et les jette sur le tapis. Il en sort une souris verte, une poule sur un mur, un roi des paillons, des petits lapins, des petits oiseaux, un chat blanc, un perroquet, un loup, une vache... Tout ce bestiaire s'agite de la façon la plus bizarre. C'est un zoo en folie, un jardin des Plantes délirant. La vache n'a pas de pattes, le petit cochon est pendu au plafond, la grenouille file sa quenouille, l'écureuil mourra dimanche, une souris devient escargot, une autre fait de la dentelle ou du lait caillé, les araignées chantent le dimanche... Dans ce dévergondage entre comme une joyeuse ivresse.. a ce niveau l'absurde, n'est certes pas tragique ! Il s'intègre au mystère. Il défie le bon sens comme pour se concilier les dieux, il devient mot de passe, prophétie. Les rimes sont les griffes, les maillons d'un collier dont les mots sont les perles, dont la forme légère et clinquante, plus ou moins de pacotille, plus ou moins étincelante, tire son prstige de la ronde qu'elle provoque, anime et disperse". ( André Bay)
J'ai rencontré Du Janerand lors d'une émision de radio que je présentais sur la "Beauté". Il venait de faire éditer par la Galerie Guiché à Paris à titre confidentiel un ouvrage numéroté retraçant quelques uns de ses plus beaux tableaux. Je possède ce livre dédicacé par Du Janerand.
La beauté et la lumière...
Joie de peintre, joie de vivre, joie d'exister. Le bonheur.
Lumière essentielle de vie, symbole du salut de l'homme.
Lumière qui capte le regard de l'homme vers la nature.
Contemplation divine.
Voir et dépasser le regard de la forme pour transfigurer l'essence de l'émotion.
Du Janerand construit la couleur dans la lumière . Possession sensuelle et magique du peintre. Symphonie chromatique et rythmique qui entraîne dans une éblouissante ivresse.
Immortalite, immatérialité de la lumière...
Univers, vivant, fou de couleur,
à la fois léger et mystique , nous rentrons plein d'allégresse dans le royaume de Du Janerand... Lui l'a rejoint définitivement en 1990, je pense sans regret. Il avait accompli sa mission. Nous offrir la lumière...
J'ai rencontré Gisèle Bienne à l'occasion de la sortie de son livre "Le Silence de la Ferme" aux éditions Christian de Bartillat en 1986 lors du salon du Livre à Paris pour présenter les ouvrages des Presses du Village à Etrépilly en Seine et Marne.
Gisèle Bienne, écrivain, vit à Reims. D'abord professeur de lettres puis peintre, elle s'est tournée ensuite vers la littérature. Elle a publié une douzaine de romans et obtenu deux prix littéraires, celui de la Fondation de France et le Prix Henri Bachelin de la Société des Gens de Lettres
J'ai aimé tout de suite Gisèle Bienne pour son âme, son talent et son coeur authentique. Notre rencontre était liée à la sortie de son livre, comme je le dis plus haut. Une rencontre émotive, où la mémoire d'une maison m'était mienne. Souvenirs d'enfance, d'odeurs, de présences mais aussi ceux qui hantent invariablement nos pensées à travers les murs qui savent mais qui se taisent en nous regardant.
Alors ce visage de Gisèle Bienne s'est imprimé dans ma mémoire pour me rappeler que quoiqu'on fasse, une maison même "disparue revit par les mots les plus tendres", les plus douloureux.
" Ce qui me torture, c'est la façon dont elle est partie. On ne brûle pas les odeurs. on ne brûle pas la musique, ni l'enfance, ni la sculpture. et les objets de rêves... On ne brûle aps la terre, la perle, le livre. On ne passe pas à travers les flammes, les poutres embrasées qui s'effondrent, la course du feu. On irait presque jusqu'à imaginer qu'on peut se glisser entre les les flammes sans recevoir de brûlures. L'épouvante réelle atteint une telle ampleur qu'on fait du feu un être abstrait".
On ne peut pas oublier une maison
"J'ai fait d'elle aussi une toile où on la voit valser sur la mer démontée, toute amarre rompue, un peu folle, prête à être engloutie. elle souriait, coincée entre la liberté et son épée, déjà loin... si loin que l'ai offert ce tableau à une amie
Nous l'avions tant regardée qu'elle était faite des marques de notre regard, que nous croyions que notre pensée agissait sur elle, suffisait à la rendre forte.
Ce n'est pas un métier commode que celui de raconter des histoires, surtout quant on a pris pour règle de demeurer dans la
ligne droite et dans la vérité. Médéric Charot - Roman Paysan
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