AU COEUR DE MON ENFANCE

Charles IV le bel
UN VILLAGE, C'EST UNE HISTOIRE QUI SE RACONTE

Charles IV le bel
UN VILLAGE, C'EST UNE HISTOIRE QUI SE RACONTE

Un travail de fourmi, lent, difficile et harassant, parfois décourageant: depuis 72 heures, Maud Fontenoy a troqué sa combinaison de skipper contre le bleu de l'ouvrière et s'acharne à mettre en place un gréement de fortune afin de poursuivre sa route vers La Réunion.
Elle est enfin parvenue à déplacer la bôme de "L'Oréal Paris" coincée dans la filière tribord et qui pèse une centaine de kilos, pour la ramener au centre du pont où elle devra la dresser en guise de mât de fortune.
"Des heures et des heures de boulot avec les moyens du bord, a-t-elle raconté mardi à l'AFP par téléphone satellite. C'est le système D. Je l'ai faite rouler sur des bidons, glisser sur une planche enduite de shampoing, tirée, poussée. Mais j'y suis enfin arrivé".
"La prochaine étape sera de la dresser (la bôme mesure une dizaine de mètres) avec un système de palans que je m'efforce de bricoler. Je n'ai jamais fait ça. Et puis je dois être très prudente et ne pas la prendre sur la tête. Le mât m'a ratée de peu lorsqu'il est tombé. J'en ai encore la frayeur rétrospective".
L'étape suivante et finale, vraisemblablement mercredi ou jeudi, sera de gréer la voile de fortune. "Pour le moment, la mer est calme, mais il y a une dépression au sud qui m'apporte de la houle. Le vent, selon les prévisions, doit forcir à partir de demain. Or, travailler sur un bateau à la dérive balloté comme une coquille de noix est impossible. Je dois me dépêcher", a-t-elle ajouté.
Et puis, la navigatrice a contracté une sévère allergie aux yeux en raison des infimes particules de carbone qui ont inondé le pont au moment de la chute du mât. Conseillée par un médecin militaire, elle s'est administré du collyre et enduit les yeux de pommade. Mais sa vue est très altérée.
Enfin, le bateau parti dimanche matin d'Australie pour lui porter assistance, a du retard. Il ne pourra la rejoindre que dans trois ou quatre jours.
"Je ne peux compter que sur mes propres forces", a-t-elle conclu.
Ce n'est pas un métier commode que celui de raconter des histoires, surtout quant on a pris pour règle de demeurer dans la
ligne droite et dans la vérité. Médéric Charot - Roman Paysan
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