AU COEUR DE MON ENFANCE

Charles IV le bel
UN VILLAGE, C'EST UNE HISTOIRE QUI SE RACONTE

Charles IV le bel
UN VILLAGE, C'EST UNE HISTOIRE QUI SE RACONTE
Mon ambition n'est pas de vous écrire, ici, le récit complet de mon implication de 17 ans à la Commanderie, cela prendrait des pages, et pourtant ce billet va être long.
J'entends, ici, restituer à l'attention des adhérents de l'association, quelques faits et quelques dates de cette aventure qui ont conduit à ce que nous sommes aujourd'hui, une association connue et reconnue, même si cela arrange certains de le nier et de n'en faire qu'à leur tête pour tout détruire . Si vous trouvez cela un peu long, j'en suis désolé, mais dans toute aventure humaine ayant un projet ambitieux au service de la collectivité l'histoire est parfois riche de sens.
En 1989, lorsque nous sommes arrivés à la Commanderie des Templiers de Coulommiers, Sophie Leblanc et moi même, nous avions à l'époque le projet de créer une association destinée à nous permettre de mettre en oeuvre nos compétences artistiques, tout en réalisant des chantiers de jeunes bénévoles pour la restauration des lieux en nous appuyant sur notre expérience dans le domaine (Colombier de Créteil et Abbaye de St-maur des Fossés pour ma part, Chateau de Beynes pour tous les deux. Ces trois chantiers sont membres de l'Union REMPART).
Au regard de la situation de la Commanderie et de l'existence de l'association des Amis du Musée du Papier, il n'a pas semblé judicieux de créer une nouvelle structure, mais plutôt de réactiver une association existante "Les Ateliers de Techniques Anciennes du Groupement REMPART Île de France" (ATAGRIF) association créée en 1985, et en sommeil depuis la fin du programme TUC par le gouvernement en 1987.
Ainsi fut fait, en septembre 1989, les ATAGRIF tenaient à la Commanderie une Assemblée Générale durant laquelle fut validé le projet d'implantation à la Commanderie et à l'issue de cette Assemblée, le nouveau Conseil d'administration me confiait la présidence de l'association avec pour charge la réalisation d'un projet d'action et sa conduite. Parallèlement une entente, sous la forme d'une première convention avec les Amis du Musée du Papier, officialisait notre présence sur les lieux. Le travail pouvait commencer.
Aussitôt, nous nous sommes mis au travail avec des amis bénévoles venant du chantier de Beynes. Le travail ne manquait pas sur le terrain et parallèlement des rendez-vous réguliers avec la mairie permettaient de construire progressivement un projet d'animation pour redonner vie à ce lieu. Cette situation d'entente ne durera malheureusement pas.
Avec le recul de ces 17 ans, c'est fou comment nous avons plongé dans ce projet, deux jeunes fous bénévole de surcroît, concevant pour la première année d'activité, 1990, une saison complète, du 1er avril au 15 décembre, comprenant des stages, des chantiers, des expositions et un concert, avec une ouverture 7 jours sur 7 de la Commanderie aux touristes en entrée gratuite pour la première année. Le constat fut encourageant, 1750 visiteurs, la restauration de la toiture des anciennes porcheries, les premières subventions, les premiers adhérents, de nouveaux administrateurs s'attelant au projet. La certitude que l'action était viable et tout celà avec la fougue, l'insouciance de la jeunesse et la croyance dans la force de l'entreprise. Je peux vous dire que du côté parental c'était plutôt l'inquiétude, mais nous devons les remercier d'avoir été à nos côtés dès le début et de ne pas nous avoir lâché.
En décembre 1990, avec l'arrivée de FLorian Renucci, objecteur de conscience, au sein de notre équipe de deux bénévoles permanents, nous passons à trois permanents, puis à quatre avec une hôtesse d'accueil en CES. Durant ce mois de décembre, nous rédigeons un document important qui nous était demandé par bon nombre de nos partenaires et les institution, "Le projet final de réutilisation de la Commanderie des Templiers de Coulommiers".
Ce document d'importance donnait une vision claire de notre projet de restauration et de réutilisation des différents bâtiments. Il mettait définitivement l'accent sur le caractère pédagogique, éducatif, mais également culturel des activités que nous entendions conduire à la Commanderie. Le projet de création du jardin médiéval y figurait déjà.
Ce document envoyé à nos partenaires et aux institutions, nous permettra en 1991 d'obtenir des subventions sur projet du Conseil Général de Seine et Marne, mais également du ministère de la culture dans le cadre des actions pédagogiques. Durant les années qui suivent nous participerons aux actions "7 jours 7 arts" du Conseil Général. Notre dynamisme est rayonnant, nos manifestations attirent et donnent des idées à d'autres, une volonté d'agir se met progressivement en place dans les environs.
C'est durant cette année 91, que seront en effet lancés les premières actions envers les scolaires, la machine s'accélère, le travail et les projets ne manquent pas, expositions, stages, Salon du livre patrimoine et histoire, concerts, désormais de musique anciennes en partenariat avec le Centre de Musique Médiévale de Paris, chantiers de bénévoles sur plusieurs sessions et durant les petites vacances, ainsi que pendant l'été de cette année, l'accueil dans le cadre des premières OPE (Opérations Prévention Eté) en lien avec la DRAC Ile de France, d'enfants défavorisés du plateau St-Jean de la ville de Beauvais. Le projet s'affine et les partenariats se mettent en place, festival de musique ancienne, création d'expositions, accueils pédagogiques, centre de loisirs, salon du livre, marché des produits traditionnaux briards... De nombreuses activités, projets, actions voient le jours, l'équipe grossie.
Dans le montage et la conduite de tout projet, il y a une part de travail et de don de soi même très importante, le travail et l'énergie, la synergie même, influencent les parts de réussite, mais il y a aussi une part de chance, il faut croire que la Commanderie attendait cette heure pour refaire surface après son sauvetage des années 60-70.
Sonne alors l'heure des premières récompenses, en 1992, dans le cadre de l'accueil de l'exposition "Plantes et Jardins du Moyen Âge " de l'Abbaye de Fontevrault avec le soutien de la fondation Yves Rocher, aura lieu la rencontre avec Joël Chatain, paysagiste diplômé de l'Ecole de Versailles, serra alors lancé le projet de jardin médiéval qui verra son début de réalisation en avril 1993, et donnera à l'association sa première distinction "Les lauriers de l'environnement" concours national organisé par le magazine "Le point" et mécéné par Dupont de Nemours. Cette année 1993 verra dans l'enchaînement, un prix départemental dans le cadre des prix de l'environnement, puis un prix régional du concours national de la Caisse des Monuments Historiques, enfin en 1994 sera la récompense ultime pour tous les bénévoles, permanents et adhérents de l'association avec le premier prix national de la Caisse des Monuments Historiques remis, en mains propres par M. Jacques Toubon alors ministre de la culture. Ces distinctions marquent la volonté de reconnaissance des partenaires face au travail accompli.
L'aventure ne s'arrête pas là puisque nous sommes en 2006. Mais pour ne pas alourdir ce deuxième billet, j'ai volontairement laissé des évènements sous silence provisoir. Si la reconnaissance de l'association et de ses actions est attestée auprès du département, de la région et des services de l'état et d'autres partenaires institutionnels, ce n'est malheureusement pas le cas au niveau local, et ceci depuis 1992. Mais c'est une autre histoire que je conterais peut être lors d'un autre billet. il faut simplement savoir qu'elle a duré longtemps et qu'elle dure encore tout en voyant, dans un sens, un aboutissement extrême aujourd'hui.
Cependant, ma volonté en tant que président a été dès le début d'inscrire le projet ATAGRIF, comme un outil au service des hommes. Les différents conseils et administrateurs qui ont participé à tous ces temps de réflexion s'en souviendrons (On est d'accord Patrick, Gilbert, Jean, Véronique et les autres?) et m'on accompagné dans ce sens. Pour affirmé l'identité d'une structure, la démarquer des autres et lui permettre de donner un sens à ses actions, il nous est apparu nécessaire de matérialiser dans un document la déontologie, la philosophie dans laquelle se déroulaient les actions de la Commanderie. C'est ainsi qu'est né le projet de "Centre de Culture et d'Histoire" dont la création fut officiellement approuvée lors de l'Assemblée Générale de janvier 1994, ce jour verra également l'adoption de la charte philosophique du "Centre de Culture et d'Histoire de la Commanderie". C'est l'aboutissement pour le Conseil d'Administration de l'époque de plusieurs mois de travail, de longues soirées de réflexion et pour ma part de quelques nuits de rédaction.
Texte de la charte des "Centres de Culture et d'Histoire". charte_CCH rédaction Jean-Frédéric Berger, approuvée par l'assemblée générale ATAGRIF de janvier 1994.
L'affirmation de notre déontologie et de notre philosophie, nous permettra d'obtenir alors des aides de la Caisse Nationale des Monuments Historiques, de la Fondation France Telecom, de la Caisse d'Epargne Ile de France Paris, et d'autres partenaires, aides qui ne dureront malheureusement pas. Les tourments et les tracas revenant à la charges à partir de 1996, puis s'appaisant de nouveaux pour encore revenir.
Mais toute l'équipe s'est remise au travail, motivée, retroussant les manches et poursuivant sa tâche avec la certitude que le projet que nous portions donnait du sens à notre action. Je me dois ici de lui, de leur rendre hommage, car durant ces années de joies mais aussi parfois bien dures, que furent les années de 92 à 97, l'équipe est restée soudée et impliquée, ce qui permis la résolution de bien des problèmes et d'affronter bien des dangers.
Pour conclure, cette charte des Centres de Culture et d'Histoire, si elle n'a jamais fait de petits, n'en a pas moins été le guide fondamentale de toutes nos actions depuis des années. C'est par elle que nous pouvons affirmer avoir tenu et rempli notre mission, notre engagement auprès de la collectivité et de notre public. Car aujourd'hui, voilà ce qui est en danger, un patrimoine vivant conduit par des hommes pour les hommes, une certaine conception de la liberté et du droit d'entreprendre, une croyance dans la chance que chacun devrait avoir de trouver les moyens de changer sa vie et de la réussir. C'est si facile de détruire...faudra-t-il aller jusqu'à devoir dire pourquoi et comment cette oeuvre est en train d'être détruite? Je souhaiterais plutôt continuer de construire.
Si vous êtes arrivé jusqu'ici, merci de m'avoir lu, je vous donne rendez-vous pour un prochain billet qui j'espère retiendra votre attention.
Jean-Frédéric Berger
Président des ATAGRIF de 1989 à 1998.
Fondateur du Centre de Culture et d'Histoire.
Ce n'est pas un métier commode que celui de raconter des histoires, surtout quant on a pris pour règle de demeurer dans la
ligne droite et dans la vérité. Médéric Charot - Roman Paysan
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