AU COEUR DE MON ENFANCE

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blcarte_cassini.jpg charles_iv_le_bel.jpg  Charles IV le bel

 

UN VILLAGE, C'EST UNE HISTOIRE QUI SE RACONTE

 

je vous adresse mon texte dans le corps de ce mail et vous autorise à le publier à la suite de votre article, si vous le souhaitez. Bravo pour votre article ! Quelle joie j'ai eue à revisiter mon
histoire d'amitié avec Muse !
Cdt
Jean-Jack Lamouille

 

 

J'ai fréquenté Muse bien après l'émission de Voisin, "les conteurs", qui doit dater de 1964 ou 65. J'étais alors bien trop petit pour les émissions de fin de soirée.

 Provincial, je n'avais pas eu l'occasion de la voir sur scène. Non, moi,c'est plus tard que je l'ai découverte. Le déclic m'est venu un soir en voyant une rediffusion TV où elle se racontait  : "60 minutes pour une vie".

 Une vie passionnante, une verve et un dynamisme incroyables, un étonnant mélange de gouaille et de distinction, une coiffure délicieusement anachronique, la "bonne
femme" m'avait séduit !

 Je lui ai écrit mon enthousiasme. La timidité vous donne
parfois des audaces... payantes. La dame m'a répondu avec une certaine retenue où filtrait beaucoup de curiosité... Elle me recevait quelques jours plus tard pour, entre autre, élucider une énigme : "Monsieur, votre nom bizarre et cette rue "unijambiste" qui ne figure pas dans mon plan de Paris, vous avouerez qu'il y a de quoi s'étonner... Enfin, asseyez-vous dans ce fauteuil, c'est le fauteuil de mes invités", furent ses mots d'accueil.

 Nous ne devions plus nous quitter jusqu'à sa mort, dans cette chambre de la Pitié-Salpêtrière, il y a plus de 8 ans !

Sa venue dans ma vie arrivait à un moment opportun ; je venais de perdre ma grand-mère et me sentais orphelin, très en manque de cette relation complice"grand-mère-petit-fils".

 Muse m'a très vite élu "son petit-fils adoptif".


Pendant des années, je l'ai vue une ou 2 fois par semaine dans son appartement-atelier du 13ème arrondissement.  Je l'ai conduite à des castings, dans les grands magasins, à des soirées. J'ai passé aussi de nombreux séjours dans sa maison de campagne de la Brie, celle qu'évoque Marie de Mazan. Avec sa nounou et ses amis du cru, nous avons passé des moments délicieux, suspendus à ses paroles. Je me rappelle de douces soirées d'été passées sur la terrasse de sa maison...à rigoler et à savourer les mets préparés par Maria.

 L'attrait de Muse et de nos rires étaient tels que nous avions, au cours d'un été, la visite fréquente d'Emma, la chienne boxer des voisins qui, après avoir creusé un trou sous le grillage, nous rejoignait sur la terrasse. Après quelques caresses, elle
s'endormait à nos pieds. Le jour, elle nous suivait dans nos promenades le long de la rivière qui longeait la maison. Je me rappelle aussi une énorme partie de rigolade quand j'ai appris à Muse le maniement du téléphone sans fil.

Muse comme toutes les artistes avait un gros ego mais avec "ses copains", elle le mettait volontiers en sourdine. Elle m'a ainsi envoyé des lettres fort réconfortantes.
Je l'ai aussi très souvent filmée avec mon caméscope, ce qu'elle appréciait quand l'exercice était prémédité mais la faisait râler lorsque j'oubliais de dire "moteur".

Ce qui nous avait aussi rapproché c'est qu'au début des années
20, la comédienne Jeanne Delvert, qu'elle vénérait, avait accepté de lui donner des cours particuliers et gratuits de comédie dans sa maison de Marly-le-Roi. Or Jeanne Delvert n'était autre que la cousine de mon grand-père maternel.Etonnant non ?

Une autre surprise devait m'attendre après sa mort. Au cimetière duPère-Lachaise, j'ai fait la connaissance de sa belle-fille. Je connaissais déjà son fils, Tristan. Quelques jours après l'incinération de Muse, ils m'invitaient à déjeuner chez eux et dans la conversation j'appris qu'Evelyne, la belle-fille avait été professeur d'Education Physique dans un lycée du 78, celui-là même où mon oncle et ma tante enseignaient cette discipline. Evelyne et ma tante Colette étaient d'ailleurs de bonnes copines !

Tout se passe comme si ma rencontre avec Muse avait été "préméditée", planifiée ! 

Je remercie Marie de Mazan de m'avoir contacté et invité à compléter son article. Surprise agréable ! Car c'est avec
un immense plaisir et beaucoup d'émotion que j'ai revisité mon histoire d'amitié avec Muse.

 Jean-Jack Lamouille - Paris le 23 juin 2006.


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Vendredi 23 juin 2006 5 23 /06 /Juin /2006 18:34
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Commentaires

Quel magnifique témoignage !!, Comme j'aurais voulu connaître cette grande dame. merci
Commentaire n°1 posté par Joël Vimare le 23/06/2006 à 19h01
Que c'est joliment écrit, mon petit Jean-Jack, tu as vraiment un talent d'écriture, il faut absolument que tu l'exploites, et une belle sensibilité, et des jolies choses à raconter ...
Commentaire n°2 posté par gilles le 28/02/2010 à 14h22

Oui je suis d'accord aussi...

Marie

Réponse de Marie de Mazan le 07/03/2011 à 10h56

Texte libre

Ce n'est pas un métier commode que celui de raconter des histoires, surtout quant on a pris pour règle de demeurer dans la ligne droite et dans la vérité. Médéric Charot - Roman Paysan 



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