Je vous transmets ici une importante discussion entre Jean Fred et moi lors de ma visite à Chelles en aout 2006
http://jeanfred.canalblog.com
Cet été, je suis allée à Chelles, ville mérovingienne par excellence, ville d'art et de culture.Les rues portent des noms de rois, de reines mais autour tout est neuf, rien qui rappelle le passé glorieux de cette ville. On m'a dit fierement que là ou se trouve actuellement la mairie, c'était l'endroit où était l'abbaye... et de me dire les années 60 ont rasé tout ce qui a pu être rasé par rapport aux vestiges historiques. OUi ici tout est moderne. Quand j'ai demandé au syndicat du tourisme si il y avait quelque chose à visiter, la réponse est arrivée directe : ici à Chelles il n'y a rien, mais dans les communes voisines, à Gournay, à Noisiel, à Champs, oui vous trouverez des choses anciennes et historiques.
C'est la première fois que j'entends cela. Et de me poser la question : peut-on vivre dans une ville et éliminer son passé ? Un ami qui pourtant est amoureux des vieilles pièrres et fait des conférences sur les commanderies templières me disait que ce n'est peut-être plus la peine que cela soit là, que leur rôle est terminé, que l'homme rentre dans une autre dimension complétement nouvelle et que même les mentalités vont permuter. Les églises, les vestiges historiques ne serviront plus dans les décennies à venir.
Moi j'ai ressenti un malaise indéfinissable. Avons-nous bien acquis notre passé ? En quoi ce passé est gênant aujourd'hui ? Il doit bien y avoir une erreur quelque part, car j'ai lu que la ville de Chelles va recréer un jardin médieval autour de son patrimoine religieux.
Est-une notion de culture ? stupidité humaine ? regret d'avoir fait tout disparaître ? Une ville peut-elle vivre sans patrimoine historique et culturel ? Où alors voyons les choses différemment : à partir de quelle date doit-on définir l'héritage culturel dans un monde dit moderne. J'ai remarqué que toutes les villes qui avaient un grand passé historique et qui maintenant ont des constructions neuves (Saint Denis par exemple) traversent des difficultés de délinquance, de violences urbaines etc...
Il y a quarante ans l'idée était commplétement folle de faire de la commanderie de Coulommiers un centre culturel. On donnait le nom d'illuminé à tous ces fous qui voulaient redonner une âme à un tas de pierres...
Chère Marie,
Que voici une question qui me tient à coeur et à laquelle j'ai choisi de donner une réponse qui à guidée ma vie jusqu'à aujourd'hui. Vous abordez plusieurs points sur lesquel je répondrais par un prochain billet, afin de faciliter le développement et le controle de l'écrit et des idées.
Cependant, en ce qui concerne Chelles, pour répondre sur ce point y ayant travaillé comme formateur et tailleur de pierre dans les années 80. La ville de Chelles dispose dans la proche périphérie de la mairie de deux chapelles, Sainte-Croix et Saint Georges. Ces bâtiment sauvés de la démolition ont fait l'objet de chantiers de restauration menés par l'association historique de Chelles avant de faire l'objet d'importantes fouilles (tombes mérovingiennes...) et enfin de faire l'objet de travaux conduit par l'architecte des monuments historiques.
Je ne suis pas passé sur Chelles depuis longtemps et ne peux malheureusement garantir ce qui reste aujourd'hui, mais en 1985 il y avait encore : les deux chapelles, une partie d'arcade du cloitre et les fondations du mur de facade de l'église abbatiale. sommes toute de beaux témoin. Mais voilà ici, comme ailleurs les hommes ne sont pas forcément percevérants dans leurs efforts. La fatigue du temps et le manque de relève font que trop souvent les énergies qui ont oeuvré au sauvetage s'essoufles abandonnant progressivement ce qu'elle ont contribué à sauver. N'oublions pas aussi la politique qui participe parfois à la catastrophe en désirant mettre la main sur ce qu'elle n'a même pas contribué à défendre, juste pour dire c'est à moi, en refusant trop souvent, une fois la récupération faite d'assumer les obligations morales et financières qui leur appartiennent désormais.
Concernant les chapelles de Chelles, de mémoire ce sont des problèmes de stabilité et de sécurité qui ont fait avorter le projet d'implantation d'un musée en leur sein. Je dis bien de mémoire, il faudrait confirmer la chose.
Quant aux fous d'il y a quanrante ans à la Commanderie des Templiers de Coulommiers, et bien il y en a encore quelques un aujourd'hui, la deuxième génération... pour combien de temps encore avant que la vieille dame ne s'endorme dans l'oubli du temps là se pose la question. Quand les "marchands du Temple" auront vendu ce témoignage d'importance internationale, cette dernière commanderie complète au nord de la Loire, alors le Royaume de France aura vraiment gagné... Les Templiers seront définitivement morts en terre d'Oil. L'esprit d'une certaine pensée et l'image d'une indépendance au service du monde aura disparu, il ne restera que des pierres.
Dieu fasses que je me trompe !
Mais il y a tant de lieux que je pourrais nommer qui furent et ne sont plus des terrains d'aventures et d'abnégation, au service de la jeunesse, de la mémoire du temps, de la nation tout simplement.
Le patrimoine et sa pratique sont indispensables à l'équilibre de la société et de sa population parce que comme dit si bien Jérôme Bruner, "la culture donne forme à l'esprit". Un peuple sans racine est voué à disparaître balayé par le vent du temps. Mais je reviendrais sur ce sujet.
AUJOURD'HUI VOICI LE PANNEAU EN PASSANT A CHELLES CE DIMANCHE 25 NOVEMBRE
Commentaires