Gaston V. est resté dix-sept ans comme vacher à Lugny :
"J'étais arrivé en 1954, l'année où il a gelé si fort.
Le patron me logeait dans Moissy. Il faut un logement indépendant pour le vacher pour ne réveiller personne quand on part le matin. Hiver comme été, je partais à quatre heures et demie pour aller traire les vaches. Il y en avait quarante à quarante-cinq et on les trayait à la main. Il fallait être prêt pour sept heures et demie, quand le laitier passait. Il venait de melun.
Juste avant, j'avais été aide-vacher à la ferme de Malassise à Mormant. avant, j'étais charretier à Onguevilliers, à côté de Rebais.
J'ai commencé à trvailler le jour de mes treize ans dans une petite ferme qui appartenait à une institutrice, à Pavant, dans l'aisne. son mari était vigneron. Ma mère s'était rmariée à un Vosgien, une espèce de brute. quand j'ai commencé à travailler, il fallait que je fasse sept à huit kilomètres à pied pour aller voir ma mère.
A Lugny, les vaches étaient hollandaises ou normandes. L'hiver, on leur donnait de la pulpe de betterave qui venait de la sucrerie de Lieusaint. L'été, on les mettait dans les prés. On les rentrait vers trois heures et demie, quatre heures. Les charretiers apportaient un grand tas d'herbe, de luzerne, pour rmplir les râteliers. Chaque vacher n'avait le droit que de s'occuper de vingt vaches, c'est pour cette raison que les charretiers devaient apporter la luzerne pour les vingt autres. L'hiver, il fallait nettoyer les vaches, les gratter pour qu'elles soient propres.

Pour moi, j'étais heureux. quand les vaches vêlaient, c'était le plus souvent la nuit. je disais à ma femme de me faire à dîner et j'y retournais. Un bon vacher doit savoir quand une de ses vaches va vêler. Il faut être prêt à y passer la nuit.
Le patron n'avait pas d'enfant. Peu à peu, il nous a licenciés. Il a commencé par le porcher, puis le berger, le charretier, le garçon de cour et moi, en dernier le chef de culture, Monsieur Dupré. La ferme est allée aux hértiers de sa femme à Villaroche. Ils ont vendu à Citroên.
Moi je suis allé travailler à Villaroche. au début, j'ai eu du mal à m'habituer : j'étais toute la journée à la lumière artificielle. Maintenant, je découpe de la tôle. Ca va mieux, et, le soir, je m'occupe d'un jardin, rue Maulois. J'aime ça.
extrait du livre : A travers le siècles- Moissy Cramayel - Un village de Brie par Marie Elisabeth Rouvières - 23 septembre 1981
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