Baladez-vous Au Pays de la Brie en musique....
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Marie de Mazan
TRES BONNE JOURNEE
Un village, c'est une histoire qui se raconte
LES TEMPLIERS EN BRIE

L'impératrice Eugénie sur les marches du château de Fontainebleau avec la cour Impériale le 24 juin 1860 - anonyme - Musée du Château de Fontainebleau.


Venant au Presse du Village à Etrépilly, j'ai encontré souvent Geneviève Aimée qui venait apporter régulièrement les chapitres de son futur livre. Cette femme avait beaucoup de choses à raconter car elle avait connu les deux guerres.
Genevièbe Aimée nous livre une page de vie qui se déroule à la campagne, dans la Brie. Vie simple au rythme des travaux des champs et de la ferme. Vie de peur qui s'écoule au rythme des guerres entre l'enfance et son mariage.
Témoignage poignant de sincérité, Geneviève Aimé plonge son beau regard bleu dans notre âme qui n'est ni une plainte ni une colère, simplement le souvenir de sa vie qu'elle raconte avec minutie comme le soleil qui se lève le matin annonciateur d'un autre jour. Jour suspendu entre joies et peines dans un pays en guerre.
"Je suis née en 1913, dans un petit village de la Brie. A cet endroit, le calme plat des longues plaines, qui fait onduler la richesse des champs de blé en de mouvantes vagues dorées au temps des moissons, se trmine en terrains plus accidentés, agrémentés de petits vallons coupés de bois où serpentent de petits ruisseaux.
Ces ruisseaux ! Leurs doux murmures ont bercé mon enfance, puisque l'un deux bordait la minuscule propriété où j'ai vu le jour.
Mon village, planté en croix dans la pente d'un de ces vallons, possédait quatre rues partant d'une petite place où l'église et son clocher dominaient le tout. La mairie et l'école faisaient face à l'église.
Non loin de là, deux lavoirs ; l'un couvert pour les jours de pluie, l'autre au gré du soleil et du vent, réunissaient les femmes et les filles du village.
Là, à grand coup de battoirs, d'éclats de rire, voir même de quelques disputes, elles blanchissaient le linge et noircissaient quelque peu les gens.
Quand un événement un peu important se produisait dans le pays, il se trouvait toujours quelques pièces un peu sales à laver afin de pouvoir les commenter chacune à sa façon.
Nous, les jeunes, nous n'avions guère le droit à la parole ; il fallait surtout surveiller notre manière de faire car le regard des plus âgées avait vite fait de déceler le linge n'étant pas sur le bon sens, pas assez frotté, pas assez rincé.
Nous essayions bien de nous grouper , afin de parler de nos petits secrets à nous, du dernier bal, du prochain ; ce n'était pas toujours facile, ces dames avaient le monopole des palces, c'était selon leur bon gré.
Un peu plus loin, le maréchal- ferrant; aux coup du lavoir répondait le martélement de l'enclume. C'était un des bruits les plus familiers du village ; dès l'aube, il se faisait entendre.
A cette heure, matinale, c'était les gais cocoricos des maîtres des basses-cours saluant l'aurore qui lui faisaient écho".
Ma vie n'est qu'un seul jour
Geneviève Aimée - édition Christian de Bartillat - Presse du Village
La forêt de Fontainebleau a été au debut du XIXème siècle la grande inspiratrice des poètes et des écrivains.
En 1804, Sénancour publie Oberman qui remporta les faveurs des romantiques.comme Sainte Beuve , Charles Nodier ou George Sand qui le qualifie "d'admirablement mal écrit".... .
Dans son roman, Sénancour, magnificie la forêt de Fontainebleau à qui il confia ses peines, ses chagrins, ses tourments enfiévrés comme ses rêveries passionnées.
LETTRE XXIV
Lorsque les frimas s'éloignent, je m'en aperçois à peine ; le printemps passe, et ne m'a pas attaché ; l'été passe, je ne le regrette point. Mais je me plais à marcher sur les feuilles tombées, aux derniers beaux jours, dans la forêt dépouillée. D'où vient à l'homme la plus durable des jouissances de son c?ur, cette volupté de la mélancolie, ce charme plein de secrets, qui le fait vivre de ses douleurs et s'aimer encore dans le sentiment de sa ruine ? Je m'attache à la saison heureuse qui bientôt ne sera plus : un intérêt tardif, un plaisir qui paraît contradictoire m'amène à elle alors qu'elle va finir. Une même loi morale me rend pénible l'idée de la destruction, et m'en fait aimer ici le sentiment dans ce qui doit cesser avant moi. Il est naturel que nous jouissions mieux de l'existence périssable, lorsqu'avertis de toute sa fragilité nous la sentons néanmoins durer en nous. Quand la mort nous sépare de tout, tout reste pourtant ; tout subsiste sans nous. Mais, à la chute des feuilles, la végétation s'arrête, elle meurt ; nous, nous restons pour des générations nouvelles, et l'automne est délicieuse parce que le printemps doit venir encore pour nous. Le printemps est plus beau dans la nature ; mais l'homme a tellement fait que l'automne est plus douce. La verdure qui naît, l'oiseau qui chante, la fleur qui s'ouvre ; et ce feu qui revient affermir la vie, ces ombrages qui protègent d'obscurs asiles ; et ces herbes fécondes, ces fruits sans culture, ces nuits faciles qui permettent l'indépendance ! Saison du bonheur ! je vous redoute trop dans mon ardente inquiétude. Je trouve plus de repos vers le soir de l'année, et la saison où tout paraît finir est la seule où je dorme en paix sur la terre de l'homme.
La forêt de Fontainebleau, c'est aussi la terre d'amour et de passion de deux amants célèbres : Alfred de Musset et George Sand. Ils s'y rendent du 5 au 13 août 1833.et demeurent à l'hôtel Britannique , rue de France..."Situé au carrefour de la Fourche où commence la route d'Arbonne, cet hôtel était à environ une heure de marche des rochers de Franchard" (correspondance de george Sand, tome II, notes pp. 397.398.
les rochers de Franchard est un lieu mythique.Il symbolise la passion amoureuse mais aussi le romantisme . Ici c'est l'ombre de Musset qui une nuit se promène dans la forêt et sera victime d'hallucination qu'il transcrira plus tard dans son poème : la nuit de décembre. George Sand mentionne également cette escapade à Fontainebleau et sa liaison avec Musset dans "Elle et lui".
En 1835, dans une correspondance qu'elle envoie à Musset, George Sand note :
"veux-tu que nous allions nous brûler la cervelle ensemble à Franchard ? (corrspondance de George Sand, tome II, pp. 796-797.)
Musset reviendra souvent à Fontainebleau en venant soit de Paris ou de Melun et il immortalisera dans un beau sonnet " le poème du souvenir" sa relation avec George Sand.
Mais, nouvel été, nouvel amour pour George Sand. Elle retourne au même hôtel Britannique mais avec le comédien Bocage en juillet 1837. Dans son roman " La Filleule"qu'elle publie en 1853, Sand, donne une vision bucolique de la campagne à fontainebleau où vit son héroîne, Anicée de Saule
Nouveau retour en 1856 mais cette fois avec le graveur Alexandre Manceau qui note dans son agenda le jeudi 20 mars 1856 ; " Arrivée à Fontainebleau à 1 h. Installation à l'hôtel de France vis à vis du château"...
Et George Sand décrire le 23 mars : "Nous rejoignons la voiture à 2h1/2. Elle nous conduit à franchard. les abords en sont devenus un peu trop guinguette. Il y a trop de noms et de devises sur les rochers. Il y en a trop partout, excepté à Arbonne où il n'y en a pas un seul. Franchard est toujours magnifique".
L'école de Barbizon attire les hommes de lettres et de nombreux écrivains Le premier fut Murger auteur de Adeline Protat, puis Michelet qui vient d'écrire sa préface "l'insecte". Et pendant ce temps Demecourt, ouvre au public l'accès de la forêt en créant de nombreux sentiers...
L'impératrice Eugénie et sa cour raffole de Fontainebleau et entraine dans un tourbillon notre Mérimée.
Maupassant écrit "Notre coeur " en 1890 : "chacun tient à conduire un de ses personnages à Fontainebleau pour que la forêt servit de cadre à une aventure sentimentale'.
page 89 chapitre XII Jehan de Brie- Le Bon Berger
transcrit en français moderne par Michel Clévenot - Les Presses du Village- Etrepilly
Au mois d'avril, le berger doit se lever très matin pour aller voir ses brebis et ouvrir les portes et fenêtres des étables pour leur donner l'air du matin, car il leur fait grand bien. Et le berger doit examiner les champs pour connaître la qualité du temps. Sil fait bon paître, il doit aussitôt faire sortir ses brebis et lesz mener en pâture. Qui fréquente les champs doit faire bien attention auw vents et aux nuages : car il y a certains vents qui chassent les nuages et les brumes de devant la face du soleiln ce qui fait que l'air devient pur et et serein et qu'ils fait beau temps mais certains autres couvrent l'air de nuages et aamènent la pluie, en particulier un vent que l'on appelle plougel, qui vient de l'occident et qui rend le temps pluvieux par son souffle.
Souvent aussi, pendant ce mois d'avril, on voit venter et souffler un vent que l'on nomme galerne, qui vient du septentrion, entre occident et bise, plus frequemment qu'aucun des autres et que les bergers maudissent ainsi que le pays d'où il vient.
En général, le berger doit faire attention aux temps et aux vents, tant au mois d'avril qu'aux autres mois de l'année. Et il doit évfiter de mener paître ses brebis contre le vent de solerre, que certains appellent Nord, qui vient du côté de midi et qui est très nuisible et dommageable aux brebis, car il les fait enfler par son esprit et son souffle. Aussi le berger doit-il l'éviter autant qu'il peut, car il arrive souvent que, quand les brebis en sont enflées, il faut y apporter remède par saignée ou autrement. Ci-après, nous aprlerons plus complétement des soins et des saignées.

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