Le soir, à la veillée, pour distraire ses hôtes et se distraire lui-même, il dessine interminablement, crayonnant avec une verve, un entrain étourdissants, dans un jaillissement ininterrompu d'imagination, de scènes cocasses, le plus souvent érotiques.
Lautrec retourne à Paris dans les premières semaines de 1889. "Je vais changer de cochons" a-t-il dit en quittant Villiers.
Revivifié par son séjour en Brie, il se replonge, frétillant, dans sa vie accoutumée. Sa faim de travail - et de plaisir - est intense.
La vie de Toulouse Lautrec
Henri Perruchot
ancien restaurant Borniche- lieu de rendez-vous des artistes peintres



Elle l'amuse par sa pétulance en fille heureuse de vivre, heureuse de sa beauté, heureuse d'avoir réussi sans trop de mal à se bien caser (elle a tout juste vingt ans), heureuse d'avoir de l'argent et d'en profiter, de le jeter à tous les vents. Un jeune animal en pleine santé qui flaire avec ivresse les parfums du printemps et exécute mille galipettes dans l'herbe. Elle l'amuse aussi pour les impairs qu'elle commet, par son sans-gêne, ses manières superbes et tranchantes qui dénotent un peu leur parvenue.











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