AU COEUR DE MON ENFANCE

Charles IV le bel
UN VILLAGE, C'EST UNE HISTOIRE QUI SE RACONTE

Charles IV le bel
UN VILLAGE, C'EST UNE HISTOIRE QUI SE RACONTE
Voici d'après le registre, l'acte de nomination et d'installation de ce dernier :
"le 1er octobre 1769, à l'issue de la messe paroissiale après l'anonce faite au prône se sont assemblés au son de la grosse cloche, les curés marguilliers, procureur fiscal, syndic et habitants pour délibérer sur le choix d'un maître d'école.
Après avoir choisi entre plusieurs qui se sont présentés au banc d'oeuvre, le choix est tombé sur la personne de J..B.L. Baillet, maître d'école sortant de Soisy-sous Etiolle. il a été présenté au dit sieur curé après l'examen de ses talents et de sa capacité , vu le certificat du sieur Mellet, curé de Soisy.
L'assemblée a approuvé ledit sieur J.B.L. Baillet pour maître d'école de ladite paroisse en ladite qualité.
Il jouira des émoluments et honoraires attribués à ladite place à la charge par ledit maître d'école d'aider ledit sieur curé en ses fonctions au d"sir de feu Monsieur Maximilien grangier d'instruire la jeunesse, chanter et porter "chappe" à tous les offices de la paroisse, conduire l'horloge, sonner l'angélus les jours de travail et les écoles suivant les usages, en un mot se conformer aux us et coutumes de la paroisse, ce qu'il a volontairement accepté".
Il est très difficile de se faire une idée exacte de l'enseignement à Liverdy avant 1789.
En effet, avant cette date, les archives de la commune ne contiennent que le volume des comptes du conseil de fabrique de 1763 à 1790 ainsi que les registres sur lesquels les curés inscrivaient les baptèmes, mariages et sépultures.
Le premier de ces registres démontre pourtant que dès le 17ème siècle, la paroisse de Liverdy possédait une école car Monsieur de Beaurepaire, seigneur de Liverdy, a payé pendant les années 1661 à 1668, 120 livres par an à la fabrique de Liverdy pour le traitement du maître d'école.
En 1683, Louis Desmarest signe les actes en même temps que le curé.
En 1702, il est maître d'école, notaire et grefier. Il est inhumé à Liverdy.
Charles Hervy le remplace et signe un acte de décès en 1702.
En 1704 et 1705, nous trouvons Simon Petel.
Le 13 avril 1706, Eustache Rame, probablement enfant du pays car il a été confirmé à Liverdy en 1703. Il a été maître d'école pendant près de 50 ans et a été enterré le 19 avril 1756.
Hennebert signe en 1756.
Charles Nicolas Vol de 1757 à 1767. il meurt à Liverdy le 11 juillet 1767.
Jacques Galois lui succède pour deux ans seulement et Lucien Baillet pour un an.
(à suivre)
Liverdy, j'y ai même travaillé, il y a longtemps encore, quand j'étais apprenti dans les années 1927 à 1931, du temps ou M. Chéreau (le père de Samuel et de Valentin) était maire et ou M. Joubin était le châtelain de retal avant M. Bonhomme et M. Riberon fermier. M. Delage était châtelain du Monceau avec M. Batisse père, comme régisseur.
Liverdy, j'en ai connu les moindres recoins : Monceau à Retal, des Granchettes à Controuvé, de la Noisette à la Goularderie, tous les lieux dits m'étaient connus comme ma poche comme les Canardières, La Bernoiserie, Le Silon, L'Ile, la Carpière, Les Fontaines, Pontignot, les Placotières, les Données et leurs multitudes de petites parcelles boisées dont il fallait rechercher les bornes, le clos Jarrot, les bois Préau, les bois des Seigneurs et celui des Glands. Tout cela n'avait pas de secrets pour moi !
Deux noms cependant avaient provoqué ma curiosité : le lieu-dit "la forêt" en plein dans le village reste pour moi un mystère !
Et cet autre lieu-dit insolite : "L'Amérique" ! Pour ce dernier, quelqu'un m'a donné une explication : du temps où les côteaux étaient couverts de vigne,s celles-ci comme beaucoup d'autres, hélas, eurent à souffrir du phylloxéra. les vignerons, paraît-il, firent venir du plant américain qui avait été immunisé et rempalcèrent ainsi leurs vieux ceps malades par ce plant d'outre atlantique.
"L'Amérique" serait donc le lieu ou l'on pratique cette régénération : l'explication paraît plausible ! Pour ma part, je n'ai vu à Liverdy qu'une seule vigne, la dernière sans doute ! Elle était située sur le chemin du Sillon et appartenait à M. Gresy.
Toutes les autres vignes ont été arrachées et remplacées par des pommiers et les gens de Liverdy s'abreuvaient de cidre au lieu de vin. Ce cidre, d'aileurs, était fort bon et il fallait s'en méfier, car s'il coulait bien en "goule", il montait facilement à la tête.
Je me souviens d'un jour d'été 1946, j'étais allé aux Fontaines délimiter le terrain de Mme smith (la grand-mère de M. le Maire actuel) et si je m'abuse, celui de la famille Pons. Cette brave Mme smith nous avait rafraîchis, mon petit apprenti de 14 ans et moi, d'une bonne bouteille de cidre doux bien pétillant et frais à souhait que nous avions fort apprécié.
En repartant à Tournan à vélo (c'était alors, notre moyen de locomotion) nous pédalions comme des dératés et nous avions monté la côte de Gagny sans nous en apercevovir ! Je crois bien que le cidre de Mme smith soit pour quelque chose dans cette énergie insolite !
mais ces satanés pommiers de Liverdy, m'ont causé quelques complications lors du remembrement. en principe, il fallait faire en sorte qu'il reste dans la même main. "Pensez-donc mes pommes sont bien meilleures que mon voisin, il n'est pas question de faire échange, même pour les besoins d'un regroupement !"
Les secteurs où les vergers étaient denses, ont été laissés en "zone exclue", mais dans les zones de plaines il y avait parfois une ou deux rangées de pommiers qui génaient bien le remembrement. je me souviens notamment d'unverger de cette sorte que j'aurais bien voulu réunir aux terres de culture voisines. J'ai tenté plusieurs fois de convaincre le propriétaire de cette aprcelle enclavée d'en accepter l'abandon contre une autre attribution de même valeur. Il a toujours fait la sourde oreille et j'ai donc dû la lui rétribuer.
Eh ! Bien dès que les opérations de remembrement ont été clôturées, il a arraché tous les pommiers, le malin...
Décidemment, depuis adam et Eve, les humains se compliquent l'existence avec des histoires de pommes !
Roger Moreau
Conteur briard
fait à Tournan, le 13 novemvre 1994
L'église de Liverdy est sous l'invocation de saint Etienne, premier martyr.
Plusieurs siècles ont présidé à l'édification de cette église. Il est probable que les premiers travaux ont été entrepris au cours du XIIème sisècle, à cette période dite "du printemps des pierres".
L'église par elle-même est un édifice oblong, très élevé, accompagné d'ailes de chaque côté, mais sans ornements, sans galeries.
Des colonnes existent, probablement destinées à recevoir les arceaux de la voûte.
L'hypothèse avancée par l'instituteur Lemaître, qui a rédigé la monographie de ce village est, qu'il a sûrement manqué des fonds à la famille des Grangier, seigneur de Liverdy qui l'on fait construire.
Une autre idée fut lancée dès 1984, par Monsieur Bayeux qui avait créé une association pour sa restaurantion, qu'une autre église plus vaste mais dont il ne reste que peu de trace a vraisemblablement été détruite durant la guerre de cent ans.
Toujours est-il que la voûte est en plâtre et que les colonne attendent encore les arceaux.
Dans l'histoire des communes de Seine et Marne, voici ce que l'on peut lire sur cette église :
" L'église à trois nefs, remoente à la transition (XI et XIIeme siècles). Comme beaucoup d'autres, elle a été restaurée dans le style ogival après les désastres de la guerre(1) Elle l'a été de nouveau après le apssage des Lorrains qui ont saccagé tout le pays (2). mais le style domine dans les masques scuptés des culs de lampe, les chapiteaux des doserets, la voûte de l'ancienne sacristie, le portail et une porte donnant dans le latéral droit. Les piliers circulaires ou rectangulaires supportant à l'intérieur, l'édifice, indiquent une reconstruction du XIIIème siècle. Les Baies sont de la même époque. le porche est vraisembablement de la transition. Les vantaux du portail sont décorés de feuillets à plis.
A noter un grand crucifix de bois entre deux statues de saint Jean et de la Vierge, de même un saint Etienne en bois aux cheveux longs et aux chaussures à bouts carrés. puis un don de la reine amélie : La Mère aux sept douleurs soutenant son fils descendu de la croix, avec des anges portant les instruments du supplice".
Au centre du village, les maisons se blottissent autour d'elle.
L'église est avec son clocher, le seul élément vertical dans cette plaine de Brie,
offerte à tous les horizons (et toutes les invasions).
Champs, prairies et bois ne peuvent la protéger des teribles vents glacés du nord ni des puissants vents d'ouest, porteur de grandes pluies, plaies de ces pierres séculaires.
Au delà, des politiques, des religions et malgrés les partis pris et les idées toutes faites, ell est le symbole d'une tradition a laquelle chaque Liverdois jeune ou vieux est très attaché.
La preuve en a été faite...
Elle reste à refaire chaque jour..
Ce n'est pas un métier commode que celui de raconter des histoires, surtout quant on a pris pour règle de demeurer dans la
ligne droite et dans la vérité. Médéric Charot - Roman Paysan
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