AU COEUR DE MON ENFANCE

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blcarte_cassini.jpg charles_iv_le_bel.jpg  Charles IV le bel

 

UN VILLAGE, C'EST UNE HISTOIRE QUI SE RACONTE

Après une longue promenade d'une heure, je m’aperçois que le guide-conférencier n’est toujours pas là  Je redescends tranquillement  vers le centre ville. Pratiquement en bas de la rue je découvre l'Hôtel-Dieu avec une plaque sur le mur de la chapelle où il est inscrit que cette bâtisse, monastère royal de saint Jean Baptiste a été fondé par Jeanne de Navarre, épouse de Philippe le Bel. Cet établissement pouvait à l'époque,  accueillir 13 lits gérés par les religieuses. Jeanne de Navarre aimait particulièrement Château-Thierry pour venir y méditer. Dans le livre des saints de Baillet, il est signalé qu'elle donna des biens à l'abbaye de Barre et lui fit présent des reliques de sainte Pétronille qui d’après la légende dorée serait  considérée comme la fille de saint Pierre. Charlemagne lors de son voyage à Rome pria longuement  dans la chapelle ou reposait le corps de la jeune Pétronille et en éprouva par la suite une vive vénération. D'ailleurs depuis cette époque, elle a été reconnue la patronne des rois de France, puis patronne nationale quand la France se nomma la "fille aînée de l'Eglise".

Toujours, à regarder le mur de la chapelle de l’hôtel-Dieu, je lis  une citation de Racine : "Enfin n'en pouvant plus d'effort et de douleur"… Pensive, je regarde fixement  la pancarte : le mot douleur me fait penser à Jeanne de Navarre. Je la vois souffrir, agonir, s’étouffer.  La vision d’un visage m’apparaît, celui d’une belle Dame. Elle a le regard fixe, absent. Devant elle s'étend la ville. Immobile. Son âme part au-delà des nuages. Un homme surgit et la regarde. Il a un grand manteau avec une croix pattée sur l'épaule. Il ne parle pas. La Dame ne bouge pas. Seul un léger mouvement des lèvres laisse paraître son émotion. L'homme s'approche et frôle son visage de sa main. La  Dame pose doucement sa tête dans sa paume. Un instant que seul le bonheur peut comprendre. Figée devant la plaque, une voiture klaxonne pour  me faire  comprendre de lui laisser le passage. Étourdie par l'intensité de cette image avec la Dame, je ne me suis pas rendue compte que j'étais au milieu de la route.

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Mercredi 22 septembre 2010 3 22 /09 /Sep /2010 11:12

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. Un souvenir lointain me parvient : il y a un château fort. Des tours carrées crénelées. Un chemin de ronde  et la forêt à perte de vue. J'entends le chant des oiseaux. La dame  est là...je sens sa présence... Elle est fine, altière, le regard persan. Ses  cheveux  très beaux  longs et légèrement ondulés sont relevés en nattes enroulées, cachés par une étoffe blanche  qui fait le tour de la tête et cache son menton. L'étoffe de sa robe est d'une grande sobriété et réhausse un maintien et une taille  très gracieuse Ses mains sont minces, soignées et  très élégantes. La dame scrute l'horizon.Elle pense à son aimé si loin d'elle, si loin en Orient pour combattre. Elle n'a pas peur car il est d'une grande vaillance et déjà s'est couvert de gloire. Mais il est si loin...Comment lui dire tout son amour ? Elle imagine cette atmosphère de pierre de sable, les montagnes et ce sable qui ne connaît pas la mer...Il est là, grand, mince, magnifique ... Tenant un bâton comme on tient un sceptre. Des cavaliers en armures. Des chevaux noirs ...

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Mercredi 22 septembre 2010 3 22 /09 /Sep /2010 09:39

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Le temps est superbe. Tout est calme. Personne ne vient troubler cet étrange face à face avec cette forteresse. Un curieux sentiment de connaître cet endroit. Je regarde les dépliants que j'avais eu la bonne idée de prendre à la librairie pour me documenter sur la ville et ses monuments : ce château aurait été  construit par Charles Martel pour y installer le fils de Dagobert III, le jeune Thierry que l'on avait fait sortir de l'abbaye de Chelles à l'âge de sept ans  ou il était enfermé pour le mettre sur le trône des francs, en fait  il changeait de résidence. Il était bien  l'avant dernier roi mérovingien, mais un roi prisonnier dans ce château  où il mourra à l'âge de vingt trois ans, Charles Martel, restant  lui, le maire du palais.

Les ruines  de ce  château se visitent ainsi que certains souterrains sous la conduite du guide conférencier Mr  PierreTanguy qui nous fait découvrir avec talent tous les recoins de ce château sans oubliers anecdoctes, contes et légendes sur la "Dame Blanche"...

 

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Lundi 20 septembre 2010 1 20 /09 /Sep /2010 09:46

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Je marche dans les allées ombragées et je me plais à imaginer une jeune femme en habit de cour se promenant solitaire en quête de silence pour méditer. Son pas est si léger qu'elle semble s'accorder avec la brise légère de ce début d'été. Dieu qu'elle est belle et grave. Je me surprends à me poser la question de savoir si elle est heureuse ? Mais son visage disparaît brusquement.

Tout en m'approchant du château, je remarque  ici et là, quelques fleurs médicinales. Je suis tentée de me faire un  bouquet mais pour une fois, l’envie d’être raisonnable est plus forte pensant à la préservation si aléatoire de ces fleurs. Je me contente donc de les photographier, en faisant attention de ne pas louper quelque chose d'important. J’ai regardé, observé, pris le temps, d'avoir des sensations, des émotions.  Mon appareil  photo est pour moi aussi important qu'un crayon... Les photos expriment mon langage, ma pensée pour   tout ce que je n'ose  ou ne sait pas dire. La photo est ma liberté d'expression presque plus que l'écriture car elle est la parfaite interprétation et retranscription de mon imagination. L'écriture enjolive un moment mais elle n’est pas  forcément liée à la réalité du présent.

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Lundi 20 septembre 2010 1 20 /09 /Sep /2010 01:46

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Quand le train arrive enfin au bout de cinquante- six minutes  à Château-Thierry, le soleil est bien là. Comme toutes les petites villes de province, une grande allée un peu guindée  se présente devant moi et une pancarte  centre ville me désigne d'office mon chemin. Le temps est exquis. Je remarque ici et là, de belles villas du début du siècle et de jolis cafés et brasseries  très tentateurs. Pour tester un peu l'ambiance de la ville, je prends toujours l'habitude lors de mes voyages de fouiner dans une librairie. Ici c'est le "Liseur " qui attire mon attention. Je suis repartie avec deux ouvrages : Chrétien de Troyes  d'Estelle Doudet et  Le Cœur du Roi d'Alexandre Bande. Très satisfaite de mes achats, je m'arrête un  peu plus loin dans une saladerie  pour déguster des tartines chaudes de chèvre sur un lit de poires. C'est absolument étonnant avec des carottes râpées, un peu de salade et du  concombre. Bien installée, je choisis de commencer à lire quelques pages sur Chrétien de Troyes. Une approche captivante qui démontre l'art de son  l'écriture  et l'étude de son nom, véritable construction de son identité. Voilà donc un premier indice que je cherchais dans ce voyage : la Champagne et les Comtes de Champagne au détour d'un  XIIème siècle, pris entre la réalité et l'imaginaire, rêvant une société idéale sans se démettre de ses violences. C'est là que l'on voit en Chrétien de Troie un véritable romancier qui a donné un sens à la   vie de  ses légendes et de ses héros.

Me détachant avec peine de mon livre, je discute un peu avec la patronne du restaurant qui depuis un moment  m’observait gentiment.  Faisant preuve d’amabilité je finis par lui demander le chemin pour me rendre au château. Elle en fut ravie, car c’était évident qu’elle n’attendait que cela pour vanter  cette belle balade. Elle sortit avec moi pour être sûre de ses indications. En fait il n'y avait qu’à traverser le pont et  continuer en direction de l’hôtel de ville. . Là, effectivement, je devine déjà, par les escaliers à monter, que le château n'est pas loin. Art vivant de la pierre, les tours se dressent orgueilleuses détentrices du passé des hommes. (à suivre)


 

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Lundi 20 septembre 2010 1 20 /09 /Sep /2010 00:45

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Ce n'est pas un métier commode que celui de raconter des histoires, surtout quant on a pris pour règle de demeurer dans la ligne droite et dans la vérité. Médéric Charot - Roman Paysan 



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