Le choix de s'installer loin des grandes routes mais en privilégiant campagnes et forêts et de donner de l'importance au travail manuel
pour subsister apparaît une des régles essentielles de saint Benoit. C'est justement sur le travail manuel que repose l'esprit de la communauté cistercienne.
L'abbaye doit être capable de vivre en totale autarcie, loin du monde extérieur. Chacun se devait de participer à une action collective. Le moine devait vivre dans le cloître de l'abbaye .
Une main d'oeuvre de frères laïcs était chargée de suivre les tâches matérielles mais aussi de l'exploitations des domaines comme les granges par les "convers". Un convers n'était pas
tonsuré. Il portait la barbe et les cheveux longs. Ils logeaient à part dans un bâtiment qui souvent était de forme rectangulaire comprenant au rez-de
chaussée un cellier et un réfectoire et à l'étage le dortoir. De ce fait, les convers étaient directement sur place pour organiser l'exploitation agricole.
C'est là que l'on trouve le secret de l'économie cistercienne ; savoir d'une part exploiter l'environnement mais aussi savoir s'adapter à la rigueur du
lieu.
Le système des granges
la grange est un système pour exploiter l'immense domaine de l'abbaye. La distance entre elle ne doit pas dépasser une journée de marche de l'abbaye. par exemple pour
Pontigny, deuxième fille de Citeaux, les granges se trouvaient de 1 à 37 kilomètres de l'abbaye.
En moyenne on comptait une dizaine d'hectares de terres cultivées pour une bonne centaine d'hectares de prés, de bois et de pièces d'eau le tout administré par une équipe de convers qui se
trouve sous l'autorité d'un cellérier. Les convers vivent dans la grange qui est trictement interdite aux femmes.
Chaque grange avait une vocation particulière : céréalière, élevage ou pêche. Dans la majorité des cas des abbayes cisterciennes, la vocation est d'abord céréalière puis en deuxième elle se
tourne vers l'élevage : bovins, ovins, porcins et volailles.
Le moine cistercien ne mangeait pas de viande mais du poisson. De ce fait ils ont réussi à réaliser des travaux de drainage et d'irrigation créant ainsi viviers et
étangs.
Avec l'eau, énergie naturelle , ils exploitent divers systèmes également comme moulin à farine, les forges, les pressoirs, les draps etc.
la forêt est une mine pour la construction et le chauffage. ils exploitent aussi les carrières de pierre , d'ardoise et la chaux.
le nombre de granges que possède une abbaye détermine sa valeur foncicère et économique.
D'après certaines sources, Citeaux avait environ une vingtaine de granges dans la première moitié du XIIIème siècle.
En Champagne la moyenne était de 10 ou 12 granges.
Bibliographie consultée :
Citeaux, l'épopée cistercienne conçu par Bernard Chauvin
L'économie cistercienne - Les temps Médievaux - Claire stride
Les bénédictins - templarium 4 JLA
En Europe on a recensé 742 abbayes cisterciennes d'hommes et à peu près 700 de femmes. Imaginez la difficulté d'établir un inventaire précis.
On doit essentiellement la réussite de ce projet de réforme en premier lieu à Albéric mais sur le plan institutionnel c'est à un anglais que l'on le
doit. Cet Etienne Harding issu d'un milieu influent et cultivé avait une grande expérience de la vie bénédictine. Après avovir quitté l'école monastique vers douze ans, il était venu selon
ses voeux étudier en France, les arts libéraux. A près ses études, il prit la route avec un ami clerc pour se rendre en pélerinage à Rome se recueillir sur les tombeaux des apotres. Ce voyage
sera vécu comme une expérience extraordinaire sur le plan spirituel et humain.
quand il reprit la route, il traversa la Bourgogne et décida de s'arrêter à Molesme. Impressionné par Robert puis Albéric, il oublia qu'il devait rentrer chez lui et s'installa
définitivement dans un des ermitages.
Très rapidement Robert de Molesme le prit comme secrétaire et Albéric qui avait toute confiance en Etienne Harding , le désigna prieur.
Au décès d'Albéric en 1109, il fut élu abbé de la communauté. Très bon organisateur, Etienne influencera l'esprit de l'abbaye en mélant droit et vie spirituelle d'une façon très
intelligente.
Quinze ans après la fondation de Citeaux, Etienne harding accueillait Bernard de Fontaines, accompagnait de sa famille et de gentilhommes, soit trente personnes.
En 1112, il fut nécessaire de créer de nouveaux monastères tellement l'influence des deux hommes étaient grandes et suscitaient de nombreuses vocations. Ce fut La Ferté puis
Pontigny, Clairvaux et Morimond en moins de deux ans.
Pour installer ces nouvelles abbayes, ils choisissaient outre le paysage souvent grandiose, un ancien lieu de culte, la présence de l'eau et l'indispensable forêt pour
s'isoler du monde et méditer mais aussi pour avoir à demeure le bois nécessaire à la vie de tous les jours. L'enseignement de saint Benoit était respecté : austérité dans le
vêtement et la nourriture tout en rejetant le luxe exagéré sur le plan liturgique, incitant dans ce domaine à se servir d'ustensiles et de vêtements non précieux .
Le changement était net et même Hugues de Bourgogne, bienfaiteur de l'ordre devra se plier pour ne plus venir comme bon lui semble avec sa cour pour tenir une asemblée dans le
monastère.
Peu à peu la règle va se codifier par une législation appelée "La Charte de Charité et d'unanimité" qui inspira par la suite de nouvelles congrégations . Livres
des usages monastiques, décisions capitulaires, livres liturgiques identiques vont assurer l'unité entre toutes les abbayes apportant une force nouvelle de
rayonnement.
Dimanche 28 décembre 2008
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Le meilleur article du mois : chanteurs et chanteuses
Dimanche 28 décembre 2008
Tous les arts qui portent à la vie spirituelle sont privilégiés à Cluny . Tout ce qui élève l'âme se cultive ici. Au Xeme puis au XIeme siècle les
abbés sont de fins lettrés. Odon se déttache largement sur la profondeur de son esprit.
De toute la chrétienté, c'est sans aucun doute la biblbiothèque de Cluny qui est la plus riche. Un enseignement sur place s'adresse aux enfants et aux jeunes gens qui reçoivent une "formation
humaniste nécesaire au chant de l'office litturgique et à la lecture de l'Ecriture Sainte". (Jacques Paul).
Mais comme je le soulignais dans l'article précédent, son orientation spirituellle va de plus en plus être discutée dans cette société du xeme et XIeme siècle qui peu à peu
change de visage. la recherche d'authenticité remet en question certains privilèges et surtout une demande de purification des moeurs s'impose; cela concerne directement les hommes d'Eglise. La
société toute entière est appelée à un examen de conscience et doit faire pénitence.
Le salut de l'âme est important chez les chrétiens qui ont horreur du péché.
Les prédicateurs comme Robert d'Arbrissel ou Pierre l'Ermite ont eu ce succès car ils avaient compris cette inquiétude religieuse qui rongeait le Chrétien. Une foule de pénitents est là en
attente de rachat de leurs fautes. On va leur donner cet espoir en les appelant à la croisade et en suscitant des pélerinages sur le tombeau du Christ.
Ils pouvaient ainsi bénéficier de l'indulgence et se purifier. Ceux qui revenaient de ce long voyage souvent rentraient dans un monastère pour ne plus souffrir des turpitudes de
l'époque. La rencontre avec Dieu n'est possible qu'en méditant et s'isoler de toutes tentations terrestres. L'austérité étant de rigueur pour parvenir au salut de son âme,
les coutumes de Cluny ne suffisaient plus et ne correspondaient plus à cette attente. On revoit l'érémitisme reprendre ses droits comme autrefois. L'appel du "désert" est omniprésent.
des hommes vivent dans le plus complet dénuement en pénitence. Des disciples vont venir chercher un enseignement et de nouvelles régles de vie vont naître .
L'inquiétude va naître aussi chez les moines qui réalisent qu'ils vivent d'une façon plus que confortable sans soucis de subsistance et d'habits. La règle de saint Benoit s'est largement
adoucie. Le travail manuel es très réduit. La méditation peu recherchée oblige à se rendre à l'évidence d'un retour à une règle plus stricte comme l'avait prescrit jadis
Benoit de Nurcie pour ses moines de Subiaco.
Saint Robert avait aussi tenté de faire vivre à Molesme toute la rigueur de la règle de saint Benoit. Mais à son tour il fut obligé de constater que des hommes arrivaient de partout,
faisant des donations, que des hommes influents commençaient à s'intéresser de trop près à cette fondation. Une nouvelle fois, saint Robert quittera Molesme avec un petit groupe
d'hommes pour s'installer à Citeaux.
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